Doctorant en intelligence artificielle et vision par ordinateur, Hamed Ouattara travaille sur la frontière technologique de la conduite autonome. Au cœur de ses recherches, on trouve une question fondamentale : comment garantir qu’un véhicule sans chauffeur puisse circuler en toute sécurité, quel que soit le temps ? À travers son expertise, il nous plonge dans les coulisses du projet européen Roadview, une initiative ambitieuse qui prépare la société à une transition majeure de ses modes de déplacement.

La vision par ordinateur au service de la sécurité

Le projet Roadview est une initiative européenne visant à améliorer la robustesse des véhicules autonomes face aux conditions météorologiques dégradées. Alors que les systèmes actuels, développés par des acteurs comme Tesla ou Mercedes, rencontrent des difficultés lorsque la visibilité est réduite, Roadview cherche à doter les véhicules d’une capacité de compréhension de l’environnement accrue. L’objectif est de permettre à l’intelligence artificielle de reconnaître des obstacles, d’interagir avec d’autres véhicules et de prendre des décisions critiques même sous une pluie intense, un brouillard épais ou de la neige. Ce projet succède à des travaux antérieurs (comme le projet DSE) pour franchir une étape supplémentaire vers le plus haut niveau d’autonomie : le déplacement d’un point A à un point B sans aucune intervention humaine.

L’autonomie qui doit s’adapter à notre réalité

Le développement de ce projet répond à des besoins concrets de mobilité et d’efficacité sociétale. Pour Hamed Ouattara, l’automatisation totale permettrait de transformer radicalement des secteurs comme la logistique, en facilitant le transport de marchandises par des camions autonomes, ou les transports publics, à l’image des lignes de métro automatiques parisiennes qui offrent déjà un service plus fluide. Au quotidien, cela représenterait un gain de temps précieux, permettant par exemple à un véhicule d’aller chercher un enfant à l’école ou de récupérer un objet oublié en toute fiabilité. Enfin, l’un des plus grands défis reste l’interaction humaine : le projet vise à ce que la machine puisse un jour saisir les signaux non-verbaux et tacites qu’échangent les conducteurs et les piétons, rendant la cohabitation entre humains et robots naturelle et sécurisée.