Dans cet entretien, Florent Durécu, doctorant au LIMOS, nous plonge au cœur de ses recherches sur la détection d’intrusion dans les réseaux. En utilisant l’intelligence artificielle, il développe des stratégies innovantes pour identifier les cyberattaques avant qu’elles ne paralysent nos infrastructures essentielles.
Détecter l’invisible : une méthodologie entre imagerie médicale et classification
Le projet de Florent Durécu consiste à concevoir et tester des modèles d’IA capables de repérer des comportements suspects au sein d’un flux réseau. Pour cela, il utilise notamment une approche originale inspirée de l’imagerie médicale : le modèle apprend à reconstruire un flux réseau normal ; si un écart apparaît lors de cette reconstruction, cela signale une anomalie potentielle, comme une tumeur dans un cerveau ou, ici, une intrusion. Une seconde méthode repose sur la classification, où l’IA est entraînée à reconnaître des signatures d’attaques réelles, telles que le déni de service, afin de les bloquer avec précision. Ces travaux sont menés en laboratoire via des simulations d’infrastructures complexes pour valider l’efficacité de chaque stratégie.
Un rempart nécessaire face à un coût sociétal et humain sans précédent
Pourquoi consacrer une thèse à ce sujet ? Parce que la cybercriminalité représente un défi majeur pour notre société, avec un coût estimé à environ 120 milliards d’euros par an pour la France en 2024, soit le double du budget de l’Éducation nationale. Au-delà des chiffres, l’enjeu est humain : une attaque réussie contre un hôpital peut littéralement mettre des vies en danger. Alors que les outils traditionnels comme les pare-feu agissent par couches, les recherches de Florent Durécu visent à ajouter une protection supplémentaire indispensable pour détecter les menaces qui échappent encore aux systèmes actuels. Pour lui, il s’agit aussi de répondre à un problème technique passionnant et « ouvert », tout en protégeant les infrastructures vitales de notre pays, des universités aux bases armées.
