Municipales Clermont Sans filtre : Quelle place pour les tiers-lieux…

Municipales Clermont Sans filtre : Quelle place pour les tiers-lieux…
Dans le cadre des élections municipales, le Connecteur a choisi d’interpeller les candidats sur trois sujets précis. Ces questions sont le fruit d’une consultation de notre communauté qui a fait émerger trois enjeux importants. Retrouvez la retranscription de leur réponse ainsi que la version audio complète de chacune de leur prise de parole.

Première question : Les tiers-lieux sont présents sur les territoires. Ils revendiquent un rôle de moteur des dynamiques économiques et sociales et se positionnent comme des outils d’animation du territoire. Aujourd’hui leurs modèles économiques restent fragiles. Vous maire, quelle place accorderez-vous à ces structures ? Concrètement quelles seront vos premières actions ? 

Marianne Maximi

Pour nous les tiers-lieux, et plus largement les espaces d’organisation que ce soit au niveau de l’innovation, du numérique, ou du lien social, sont des espaces qui ont besoin d’être soutenus, mais pas pour pallier aux défaillances de l’Etat.

« On s’inscrit dans une histoire qui vient de l’éducation populaire, du milieu associatif, coopératif et aussi syndical. Notre liste est dans le prolongement de ce fonctionnement là. C’est à dire d’auto-organisation, des espaces d’innovation et de lien social.  Le danger pour nous aujourd’hui c’est le désengagement de l’Etat au niveau des collectivités mais aussi au niveau de ses missions régaliennes. On le voit avec la loi autour de la recherche à l’université. Emmanuel Macron encourage les chercheurs à créer des tiers-lieux, mais le danger que l’on voit là dedans, c’est que l’on précarise de plus en plus la recherche, et il ne faut pas que cela serve à pallier au désengagement de l’Etat. Pour nous les tiers-lieux, et plus largement les espaces d’organisation que ce soit au niveau de l’innovation, du numérique, ou du lien social, sont des espaces qui ont besoin d’être soutenus, mais pas pour pallier aux défaillances de l’Etat. Nous à la mairie,  nous ferons du soutien à ces espaces par le biais de subventions ou de logistique. Les collectivités ont un rôle essentiel mais on ne doit pas suppléer, par des financements à des espaces, au désengagement que l’on risque de produire. Nous voyons, un danger dans la façon dont sont instrumentalisés les tiers-lieux aujourd’hui. 

Premières actions

« C’est de renforcer l’aide à ces espaces-là pour que ce soit des emplois qui restent sur le territoire.  Là encore il y a un danger sur le fonctionnement tel qu’on nous le propose dans l’idée de la macronie par exemple. Ce sont souvent des emplois qui sont en danger au niveau local. Nous voulons des emplois qui ne soient pas délocalisables, qui soient durables et qui s’inscrivent dans un territoire. Il faut donc accompagner celles et ceux qui se projettent là dedans. »

 

Philippe Fasquel

Pour nous les tiers-lieux sont essentiels pour construire un modèle alternatif de citoyenneté et recréer des espaces de vivre ensemble.

« Nous avons une expérience un petit peu différente, puisque nous sommes une liste citoyenne. Nous sommes tous issus du monde associatif ou de la société civile. Pour nous les tiers-lieux sont essentiels pour construire un modèle alternatif de citoyenneté et recréer des espaces de vivre ensemble, que ce soit dans la culture, dans l’engagement citoyen, ou l’économie et notamment l’économie solidaire. Concrètement sur les actions, on pense qu’il faut soutenir ce genre de lieux mais le problème principal c’est un problème de pérennisation.   Pour nous il est important de donner une aide qui soit pérenne. Par exemple, Il y a avait un tiers-lieu exceptionnel à Clermont qui s’appelait l’atelier jaune et qui a duré deux ans et s’est arrêté faute d’aides. »

Premières actions

« Nous fonctionnons toujours avec une expertise citoyenne. Dans un premier temps, on lancera un état des lieux de tous les tiers-lieux qui existent pour évaluer les besoins. Ça c’est notre méthode. Ensuite on essaiera de consolider et de développer. Mais notre idée c’est d’abord de consolider ce qui existe avant de se lancer dans des projets conséquents.  J’ai pris deux trois exemples de choses qu’il faut consolider. Le pôle 22 bis, j’ai fait partie de Radio Campus, je pense qu’ils sont bien installés mais qu’ils auraient besoin d’un coup de main. Il y a un tiers-lieux comme l’Hôtel des Vil-e-s qui aurait vraiment besoin de soutien et de logistique. Et puis il y a des choses qui marchent bien mais qui pourrait être consolidées comme Lieutopie par exemple. Epicentre c’est un peu le phare, avec un équilibre financier plus conséquent peut-être. Ces questions, ça m’a permis en faisant quelques recherches de découvrir un tiers-lieu que je ne connaissais pas 7àVous. Je vais aller les voir la semaine prochaine. »

 

Jean-Pierre Brenas 

Je pense être le seul candidat à avoir un projet de tiers-lieu sur Clermont. Il sera situé sur la bâtiment historique de l’Hôtel Dieu.

« Je pense être le seul candidat à avoir un projet de tiers-lieu sur Clermont. Il sera situé sur la bâtiment historique de l’Hôtel Dieu, un bâtiment du XVIIIème dont la maîtrise foncière est réalisée par la Métropole. Pourquoi ? Parce que je constate qu’aujourd’hui, il y a une part importante de nos concitoyens qui ont décroché du numérique. Pour eux tout est plus compliqué, tout est plus difficile, tout est plus cher. Pour moi l’idée du tiers-lieu à Clermont-Ferrand c’est de rendre attractif une offre pédagogique. Je m’explique, mon projet c’est un lieu qui est ouvert à tout le monde, tous les jours de l’année. Ça s’appellera L’Hôtel Dieu, un lieu gratuit et un lieu où on apprend en se divertissant.  C’est à dire des conférences, des bars, l’université populaire, on accueille des grands témoins, et on met en même temps, des espaces de travail et de création: travail collaboratif, espaces de coworking, fablab, espaces de création artistique, danse musique peinture…,  Un lieu qui ressemble à l’espace Darwin à Bordeaux (dans une ancien caserne). Comme à Bordeaux, ce qui me plaît c’est que c’est un lieu chargé d’histoire qui parle aux gens. L’hôpital que tout le monde a fréquenté directement ou indirectement. Un lieu dans lequel on met les dernières technologies. C’est une idée très généreuse, très sociale. Je veux que la société clermontoise se rassemble. Sous une forme…..et je vais faire un petit clin d’oeil, « c’est le brunch du dimanche matin ».  Toutes les couches sociales sont là, les riches, les moins favorisés, l’intergénérationnel, le secteur associatif, les responsables universitaires de la recherche etc…. Les brunchs du dimanche matin qui accueillent tout le monde.  Ce lieu où on apprendra en s’amusant. »

 

Eric Faidy

Ce que je veux souligner également, c’est que nous continuerons de manière déterminée à subventionner l’ensemble des associations et des tiers-lieux contrairement à ce qui peut se dire ici ou là.

« Quand on parle de tiers-lieux finalement on parle de lieux qui peuvent être assez différents les uns des autres, avec des vocations différentes, et ça tient sûrement à la communauté qui est à l’origine du tiers-lieu. Je pense qu’une des caractéristiques de chacun c’est d’être accueillant, d’être bienveillant, d’être ouvert au débat, au dialogue, à la réflexion collective pour progresser. Moi élu maire demain ce que je commencerai par faire, c’est mieux les connaître. D’écouter les personnes qui animent ces tiers-lieux pour comprendre en quoi la mairie, la métropole, peuvent davantage les aider. Et je pense qu’il le faut parce que ce sont vraiment pour moi des lieux de création, des lieux de partage, des lieux d’échange. Ces lieux qui sortent un peu du cadre de la maison ou du travail qui sont les premiers et les seconds lieux si j’ai bien compris ce qu’a écrit Oldenburg sur le sujet en 1989. Ce sont des lieux qui sont importants. Ce que je veux souligner également, c’est que nous continuerons de manière déterminée à subventionner l’ensemble des associations et des tiers-lieux contrairement à ce qui peut se dire ici ou là. Donc nous les aiderons, mais avant de les aider, de continuer à les aider, nous réfléchirons avec eux à la meilleure manière de le faire. On travaille beaucoup mieux quand on est dans le collectif que lorsque l’on est dans l’individuel. »

Olivier Bianchi

Leur modèle économique est d’autant plus compliqué, qu’à partir du moment où ce sont des tiers-lieux, il ne faut pas qu’on les institutionnalise.

« Leur modèle économique est d’autant plus compliqué, qu’à partir du moment où ce sont des tiers-lieux il ne faut pas qu’on les institutionnalise. Ça ne peut pas être des lieux sous gestion municipale ou métropolitaine. Sinon ça ne crée pas la vocation à ce que justement s’y retrouve tout un ensemble d’acteurs. Ils trouvent là une sorte de terrain neutre où ils peuvent se rencontrer, travailler, faire émerger. Nous essayons de soutenir les accélérateurs, […] à travers ce que nous avons fait avec le Bivouac par exemple.  Quand nous subventionnons, quand nous finançons Epicentre par exemple, nous trouvons là des espaces, dans lesquels nous pouvons, par nos subventions et nos accompagnements, aider à leur structuration. Mais nous en laissons la gouvernance, l’animation, la vie, totalement à leur porteurs de projets. »

Premières actions ou continuité ?

« Non je pense qu’il n’y a pas de volonté autre que de se rendre simplement disponible pour que ceux qui gèrent ces tiers-lieux puissent trouver avec nous, les moyens financiers de conduire leurs projets.  Et puis peut-être que certains lieux, je pense à la future bibliothèque  de Clermont, seront des tiers-lieux au sens où on l’entend dans le milieu culturel, c’est-à-dire des lieux de vie sociale et pas seulement des lieux de diffusion de la culture stricto sensus. »

 

Lutte ouvrière : N’a pas répondu à la sollicitation

Rassemblement National : pas de liste déclarée au moment de  l’enregistrement de l’interview

Retrouvez chaque jeudi une autre question. A venir :

2. Garder le lien entre le maire et les électeurs tout au long du mandat est une revendication forte des citoyens. Quels moyens, outils digitaux ou modes d’organisation, comptez-vous mettre en place pour répondre à cette revendication?

3. HealthTech, EdTech, Mobilitytech, le numérique peut-être une chance pour répondre à des problématiques de territoire (mobilité, médical, formation ….) de la ville de Clermont-Ferrand et des villes d’Auvergne . Y-a-t-il des initiatives, dispositifs ou projets innovants qui ont retenu votre attention au niveau local, national ou européen et que vous souhaiteriez voir se développer sur le territoire?

À propos de Pauline Rivière

Pauline Rivière est journaliste et rédactrice en chef du média en ligne le Connecteur. Elle est en charge du choix des dossiers spéciaux mensuels. Elle développe également des outils de datavisualisation à destination de l'écosystème de l'innovation et s'intéresse à l'innovation éditoriale. Avec sa société SmartVideo Academy, elle anime différentes formations à la réalisation de vidéos (au smartphone notamment) et à l’écriture audiovisuelle. Elle intervient également dans l'Enseignement Supérieur dans le cadre de projets pédagogiques digitaux, mêlant techniques de communication et sujets d'innovation.