Vulgarisateurs et limites d’Internet : quel nouveau format pour l’information ?

Vulgarisateurs et limites d’Internet : quel nouveau format pour l’information ?
Pour la troisième édition de Médias en Seine, le festival international des médias de demain qui a eu lieu ce jeudi 19 novembre, pas moins de 80 conférences pour plus de 150 intervenants se sont enchaînées tout au long de la journée, à travers une retransmission numérique. Le Connecteur a suivi pour vous plusieurs de ces moments et partage ce qu’il fallait retenir.

A l’ère du numérique, l’information ne cesse de se réinventer. Du moins, dans sa forme. Le fameux “tube cathodique” des années 2000 a fait son temps pour laisser place à tout un panel de nouveaux canaux d’informations. Un en particulier prend de l’ampleur ; celui d’Internet et de ses « vulgarisateurs ».
Mikaël Chambru, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication et Tania Louis, docteure en biologie et médiatrice scientifique, étaient les invités de Médias en Scène pour une trentaine de minutes d’échanges avec le journaliste François Saltiel autour de ce sujet.

Qui sont les “vulgarisateurs” ?

Dans le champ de la science, un vulgarisateur est aussi surnommé “un passeur de mots” pour sa capacité à réussir à condenser une connaissance bien particulière de façon accessible. Sur Youtube, ou encore sur Twitch, ce genre de vidéos émerge de partout. Sur tous les sujets possibles. A leur origine, des spécialistes, des professionnels, comme le développe Tania Louis qui a réalisé une étude en 2018 sur ce sujet auprès de 191 vidéastes culturels. “Ce qui ressort du profil type du réalisateur scientifique sur Youtube c’est plutôt une personne de 26 à 35 ans avec un fort taux de diplômes, puisqu’on est a à peu près 50% qui ont au moins un bac +5 et qui vulgarisent généralement dans leur domaine de compétences.”

Les interlocuteurs ne changent pas. C’est plutôt eux qui changent leur façon d’informer, indique Mikaël Chambru : “On retrouve une pluralité d’acteurs différents et qui sont d’habitude dans d’autres espaces. On a des médiateurs scientifiques, des enseignants, des journalistes, des chercheurs qui ont un point commun et investissent un nouvel espace où ils vont tenter de venir renouveler en distillant des pratiques.”

Internet attire même les institutions, qui partagent leurs connaissances sur ces plateformes

A tel point qu’Internet voit même venir des institutions, plus particulièrement depuis la crise du coronavirus, alors qu’elles s’étaient tenues pourtant loin de ce genre de plateforme jusqu’ici. “En France, les institutions comme les musées des centres de sciences qui existent depuis des décennies se sont emparés de l’outil internet notamment pour toucher un jeune public”, constate Mikaël Chambru.

La limite du filtrage de l’information ?

Si Internet compte de nombreux avantages comme sa temporalité “assez déconnectée de la temporalité politique ou de réalité médiatique”, note Tania Louis sur certains sujets, les deux invités alertent sur un point. Celui de la vérification de l’information, où “il y a une vraie différence entre le net et les médias et les infrastructures de médiation traditionnelle’, poursuit-elle. Le filtrage n’est pas parfait, il faut garder son esprit critique.”

Plus de vidéos, plus d’avis, plus de formats, en effet. Mais dans le schéma de l’information, l’étape de la vérification doit, donc, encore faire ses preuves selon Tania Louis. “Internet, c’est à la fois un endroit où on peut trouver des informations fiables et un endroit où on peut trouver des mauvaises informations.”