Le Connecteur a couvert nombre d’événements, interviewé une multitude d’acteurs, participé et rendu compte de dizaines de conférences … une extraordinaire matière pour une lecture transverse et consolidée, nourrie d’expériences de terrain et d’expertises reconnues.
Incubateurs, accélérateurs, pôles de compétitivité, laboratoires, clusters, collectivités, financeurs : l’écosystème de l’innovation offre de nombreuses portes d’entrée. Cette richesse peut aussi le rendre difficile à comprendre. C’est d’ailleurs pour cette raison que Le Connecteur édite le Guide de l’entrepreneur et de l’innovation en Auvergne…
Un entrepreneur peut perdre beaucoup de temps à raconter son projet à des structures qui ne répondent pas réellement à son besoin. La première étape n’est donc pas de chercher « qui accompagne l’innovation », mais de préciser ce que l’on attend de cet interlocuteur.
1. Définissez le problème avant de chercher une structure
Quand on est un jeune porteur de projet, les sujets de questionnement peuvent être nombreux. On peut être amenés à rechercher :
- une expertise technique – juridique, comptable, …
- un laboratoire pour tester ou expérimenter
- un financement à différentes phases
- un terrain d’expérimentation
- des clients
- un partenaire industriel
- un lieu
- des compétences entrepreneuriales.
Ces besoins ne relèvent pas des mêmes acteurs.
Le conseil : formulez votre demande en une phrase : « Nous avons besoin de… pour pouvoir… ». Cela aidera votre interlocuteur à vous orienter, même s’il n’est pas lui-même la bonne personne.
2. Situez le niveau de maturité de votre projet
Un projet au stade de l’idée n’a pas les mêmes besoins qu’une entreprise qui prépare son industrialisation.
L’échelle TRL permet de situer la maturité technologique d’un projet, depuis les premiers principes scientifiques jusqu’à une solution testée dans des conditions réelles. Les pôles de compétitivité peuvent notamment faciliter les relations entre entreprises et laboratoires lorsque des verrous technologiques doivent encore être levés.
Le conseil : précisez ce qui existe déjà : idée, preuve de concept, prototype, premiers clients, outil industrialisable ou solution déjà commercialisée.
3. Cherchez une porte d’entrée, pas tout l’écosystème
Il n’est pas nécessaire de connaître toutes les structures. Un bon interlocuteur doit pouvoir comprendre le besoin et indiquer l’étape suivante. En plus, en Auvergne, l’écosystème est très relié. Vous vous adressez à une première bonne personne et elle vous ouvrira les portes suivantes.
Par exemple, à l’Université Clermont Auvergne, la Maison de l’Innovation a été pensée comme une porte d’entrée commune pour les entreprises et les acteurs économiques qui souhaitent accéder aux compétences de la recherche universitaire et ses plateaux techniques.
De la même manière, un pôle de compétitivité ou un cluster peut jouer un rôle de traduction et d’orientation dans une filière particulière.
Le conseil : identifiez une première structure proche de votre secteur ou de votre besoin et demandez-lui explicitement qui doit prendre le relais.
4. Choisissez un interlocuteur qui connaît votre secteur
Une structure généraliste peut aider à clarifier un projet. Mais lorsqu’une difficulté devient technique ou industrielle, la connaissance de la filière est déterminante.
Polymeris et Axelera réunissent par exemple des acteurs des matériaux, de la chimie et du recyclage. Leur rôle ne consiste pas uniquement à organiser des rencontres, mais aussi à comprendre les chaînes de valeur, les verrous technologiques et les partenaires pertinents.
Recyclage des polymères : https://leconnecteur.org/actualites/clermont-fd-recyclage-des-polymeres-la-circularite-face-au-mur-industriel/
Le conseil : cherchez qui connaît déjà les entreprises, laboratoires, financeurs et contraintes propres à votre activité.
5. Préparez une demande que l’on peut transmettre
Un interlocuteur de l’écosystème doit souvent présenter le projet à quelqu’un d’autre. Il sera plus efficace s’il dispose d’une demande claire.
Préparez une page avec :
- le problème ;
- la solution envisagée ;
- le stade d’avancement ;
- les compétences recherchées ;
- le calendrier ;
- le type de partenaire attendu.
Le conseil : évitez les présentations longues et générales. Donnez à votre interlocuteur les éléments qu’il pourra reprendre pour vous orienter.
6. Ne cherchez pas uniquement un financement
Le premier besoin exprimé est souvent financier. Pourtant, un projet peut surtout manquer d’un utilisateur, d’une compétence, d’un partenaire industriel ou d’une meilleure définition de son marché.
Ainsi Michelin a maillé son écosystème d’innovation. Il mobilise différents dispositifs pour mettre des entrepreneurs en relation avec des compétences, des terrains de test et des relais internes.
Le conseil : demandez-vous quel obstacle doit être levé avant de chercher qui pourrait financer sa résolution.
7. Entretenez les relations avant d’avoir une urgence
Un écosystème fonctionne aussi par la confiance, la connaissance mutuelle et les recommandations.
Pour Pierre Delmas, cofondateur de 4D Virtualiz, l’innovation ne se fait pas seul. Les collaborations avec des plateformes comme PAVIN ou avec le Cerema permettent à l’entreprise de progresser et de faire connaître ces ressources à ses propres clients.
Le conseil : participez à quelques rendez-vous de votre filière, expliquez ce que vous faites et identifiez les personnes auxquelles vous pourrez vous adresser plus tard. Et feuilletez le guide du Connecteur !
Pour commencer
Avant de contacter une structure, répondez à trois questions :
- À quelle étape en sommes-nous ?
- Quel obstacle voulons-nous lever ?
- De quel type de ressource avons-nous besoin ?
Le bon interlocuteur n’est pas forcément celui qui résoudra lui-même le problème. C’est parfois celui qui saura traduire votre demande et vous conduire vers la prochaine étape.
