Ce matin, Nicolas Guillou racontait son nouveau quotidien sur France Inter. Nicolas Guillou, c’est ce juge français de la Cour Pénale Internationale à qui l’administration Trump a coupé tout accès à des services US.  Du jour au lendemain, plus d’accès à Alexa, Amazon, AirBnB, soit, … mais plus non plus à ses moyens de paiement par exemple.

L’affaire dure depuis aout 2025, on en parle un peu mais sans plus alors qu’elle est complètement dingue.

D’un point de vue politique d’abord. La Cour pénale internationale a été créée pour tenter de faire exister un droit au-dessus des États. Une ambition fragile, dont les États-Unis n’ont, non seulement, jamais ratifié le traité fondateur mais aussi pris des dispositions pour la contourner. C’est l’Executive Order 14203.

Ce juge se trouve subir un traitement digne d’un terroriste. C’est une stratégie de la peur dissuasive qui se déploie. Et la capacité européenne de réaction semble assez limitée.

L’autre dimension, c’est bien sûr le sujet de la souveraineté numérique, qui traverse beaucoup d’écosystèmes en ce moment. Dans ce contexte, l’histoire du juge Guillou constitue un vrai révélateur, s’il en était encore besoin.

Aujourd’hui, c’est un juge international, on peut donc imaginer que ce type de pression s’exerce sur bien d’autres acteurs. No limit.

L’essentiel des outils numériques, des infrastructures, des équipements,  étant contrôlé par quelques acteurs américains, la dépendance n’est pas seulement économique, elle devient politique.

La sanction ne passe plus par un tribunal mais par l’infrastructure numérique, on est débranché. Ces sujets qui paraissaient abstraits, deviennent très très très concrets.

Reconquérir une souveraineté numérique nationale/ Européenne, ce sera l’objet d’un premier article à venir pour comprendre le sujet.

Si vous aussi vous avez envie de vous exprimer parce que vous avez une expertise ou une initiative à partager, dites-le moi.

 

Bonne lecture et bon week-end.