Petite tempête médiatique ces derniers jours, à la suite de la parution de la note du CERU, analysant l’intégration des enjeux écologiques et sociaux dans les écoles de commerce. Le Figaro titre sur une “écologie radicale” qui infiltrerait les formations et Action Ecologie « Les écoles de commerce lobotomisées par l’écologie radicale ? » (notez quand même le point d’interrogation).

Bref, inquiétude maximale sur la disparition putative de « vraies » matières importantes.

J’ai regardé qui était le CERU et lu l’étude : c’est très documenté, argumenté, construit. Mais on peut quand même noter que l’enquête est à charge et surtout, qu’elle ne contextualise pas vraiment.

Aucune donnée ne permet de comparer la place de ces “enseignements alternatifs” à celle des matières dites fondamentales. Et la méthodologie repose surtout sur les intitulés de cours. Pas sur leur contenu réel, ni sur les approches pédagogiques.

J’ai un (contre) exemple vécu, par moi-même en personne. Celui d’un module de Clermont School of Business dans lequel j’interviens. « Enjeux d’aujourd’hui et de demain », il aborde les enjeux de l’énergie, de la réduction de nos empreintes carbone, questionne sur l’IA et ses impacts, met les étudiants en action sur des sujets de conduite d’innovation en lien avec les questions de mobilité…

Pile dans le viseur du CERU.

Pourtant, si on entrait un plus plus dans les objectifs pédagogiques,  on découvrirait qu’ils sont divers et bien plus riches que ce que semble croire le CERU.

Il s’agit d’abord de transmettre aux étudiants des connaissances socles sur l’enjeu environnemental et ses composantes. Puis les situer dans une contexte politique, international, européen et national,  et également économique.

Mais, ce n’est pas tout : il s’agit de développer la capacité à raisonner dans la complexité. A débattre et à convaincre, à coopérer et à exercer son esprit critique. Former des professionnels conscients des enjeux, capables de recul et d’analyse et d’innovation. Ce serait mal les préparer ?

Il y a sans doute une forme d’uniformisation réelle dans les approches des écoles, pour des raisons de labels, comme le dit la note, parce qu’il y a un marché et un marketing des écoles ou peut-être simplement parce que c’est l’enjeu clé du moment. Qui sait ?

Donner à entendre d’autres approches, se confronter à d’autres modes de pensée, encourager à appréhender la complexité, à prendre conscience de sa subjectivité … ce n’est pas lobotomiser, c’est même tout le contraire. Personnellement, cela me paraît assez souhaitable.

Bref, tout cela mériterait, une fois encore, un brin plus de nuance et moins de dogmatisme.

Bonne lecture, excellente année à vous et bon week-end !

Pour se faire son opinion