# Dystopie?
Cette semaine, nous étions aux Rencontres de l’innovation éditoriale organisée par Samsa, un moment pour prendre le pouls de la profession, partager des visions, des expériences, … J’ai été marquée notamment par l’intervention de Nastasia Hadjadji, journaliste spécialiste de l’économie politique du numérique. Elle publie un ouvrage « Apocalypse Nerds, comment les techno fascistes ont pris le pouvoir« .
Le techno-fascisme désigne une vision politique où la technologie et l’efficacité priment sur la démocratie. Il repose sur l’idée que le débat, le vote et les contre-pouvoirs seraient des freins, et qu’il faudrait leur substituer une gouvernance technocratique portée par des élites économiques et technologiques.
Ce courant promeut des formes de pouvoir centralisées et optimisées, comme dans une entreprise en somme. Le citoyen devient un usager, la démocratie un frein, et la complexité du réel quelque chose à simplifier par la technologie, les algorithmes et le management. Le pouvoir ne se fonde plus sur le débat ou le collectif, mais sur l’efficacité supposée de ceux qui “savent” et “font fonctionner le système”.
Ni dystopie ni prophétie
Son propos ne relève ni de la dystopie gratuite ni de la prophétie. Au contraire : il s’illustre par exemple dans le développement de villes privées, les Freedom cities, qui donne aussi une grille de lecture des grands (en)jeux géopolitiques (lire l’article Freedom Cities : au Vénézuela et au Groenland, l’enjeu d’un néocolonialisme tech)
Ce n’est pas un futur lointain. Ce n’est pas non plus une réalité française au sens strict. Mais ce sont des récits, des modèles et des expérimentations qui circulent, s’installent, s’exportent. Et qui avancent souvent sous couvert d’innovation, d’efficacité ou de liberté.
J’avais juste envie de partager ça. Ce sont des visions du monde flippantes pour certains, peut-être enthousiasmantes pour d’autres, qu’on les partage ou non, elles existent.
Bon flip (ou pas) et bon week-end !
