Tous les vendredis, Le Connecteur envoie la 12h12, la newsletter qui reprend le meilleur de l’actu de la semaine et la petite humeur du jour par Véro. Cette semaine, c’était à propos de la jeunesse et de toutes les raisons qu’elle peut avoir d’être dans la rue.
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#Jeunesse

A chercher un déclencheur à ces manif, on ne trouve rien de spécial, en tout cas pas un énième projet de loi qui mettrait le feu au poudre.

‘Juste‘ une explosion de ras le bol et sans doute un contexte pré électoral qui rend l’atmosphère très politique.

Si la « jeunesse » est un drôle de corps difficile à décrire parce que pluriel, elle est très étudiée et à lire tout ça, on trouve beaucoup d’étincelles

D’abord, un sentiment d’injustice profondément ancré: le système éducatif ne remplit plus sa fonction de mobilité sociale  (très riche le site de l’observatoire des inégalités), il y a bien, dans le public, des établissements de seconde zone et une reproduction sociale qui progresse peu. Sentiment dont Parcoursup est devenu le symbole et qui émeut même les étudiants d’HEC.

Ensuite, une grosse crise de confiance à l’égard des responsables politiques et leur capacité d’écoute. (Public Senat donne une bonne photo de la diversité de compréhension desdits élu) Bon, les jeunes n’en ont pas le monopole mais ça impacte quand même fortement leur vision du monde.

Crise de foi aussi dans l’avenir illustrée par un chiffre de l’étude Ipsos (ci dessous): 55% sont inquiets de la situation de la France et 52% sont confiants pour leur avenir professionnel, ce qui en laisse 48 qui ne le sont pas.

Et hop, ça percute un ‘nouveau’ sujet mis en évidence par l’étude la Banque de France publiée le 8 octobre : le ralentissement marqué des embauches de juniors sur les  métiers les plus exposés à l’IA. Rajoutons à ça une couche d’éco anxiété  et on obtient un tableau qui n’est pas que celui de la jeunesse mais qui a quand même un impact plus fort quand on en est au stade de construire sa vie.

Bref quand on a 16, 18 ans ou 22 ans, je trouve ça plutôt sain d’avoir l’envie de s’exprimer face à cet amoncellement de nuages. Ce serait l’inverse qui serait inquiétant, non ? L’apathie n’est pas un modèle très euphorisant.

Et personnellement, ce qui me frappe le plus, c’est la condescendance voire la brutalité de certains commentateurs qui finalement ne viennent que renforcer le sentiment de mépris de classes qu’ils exècrent.

L’étude IPSOS BVA  à lire en complément 

Bonne lecture