C’est une tendance de fond. Les entrepreneurs sont de plus en plus « green native ». Leurs projets sont « conçus avec le souci de réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone » (Bruno Bonnel, secrétaire général pour l’investissement).
Green Native, un format sérieux « et en même temps » léger, met en lumière ces nouveaux porteurs de projet à impact.
Le Connecteur vous propose une nouvelle série sur la promo 2026 de l’incubateur SquareLab, ainsi qu’un portrait de celui qui prend soin d’eux en tant que start up manager, Thibaut Bertrand
Développeuse mobile de formation et experte en management de projets informatiques, Jaël Ngouzong a choisi le chemin de l’entrepreneuriat au sein du Square Lab pour donner vie à son projet. Après un parcours remarqué en cybersécurité, cette jeune entrepreneuse camerounaise met aujourd’hui ses compétences techniques au service du bien-être féminin. Son ambition est claire : utiliser la technologie pour permettre aux femmes de mieux comprendre leur corps et de lever le voile sur des sujets encore trop souvent passés sous silence.
Une application pour décrypter et agir sur son équilibre hormonal
Le projet de Jaël Ngouzong consiste en la création d’une application de bien-être conçue comme un véritable reflet de la santé hormonale de son utilisatrice. En s’appuyant sur les données saisies par les femmes telles que les détails du cycle, les symptômes ressentis ou d’éventuels diagnostics, l’outil propose un accompagnement personnalisé. L’application offre des conseils concrets en nutrition, en sport doux et en hygiène de vie pour aider les utilisatrices à mieux agir sur leurs hormones au quotidien. Pour garantir la fiabilité des informations, Jaël collabore avec des professionnels de santé, notamment des nutritionnistes, des naturopathes et des médecins, qui constituent la base de connaissances de la plateforme. Elle mise également sur la gamification pour rendre l’accès à l’information ludique et favoriser l’adoption de nouvelles habitudes de santé.
Briser les tabous et pallier l’errance médicale
Le « pourquoi » de ce projet naît d’un constat alarmant sur la santé des femmes et la persistance de tabous sociétaux, au Cameroun comme en Europe. Jaël Ngouzong souligne notamment les chiffres critiques liés au SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques), qui touche 10 à 13 % des femmes en Europe, alors que 70 % d’entre elles ne sont pas diagnostiquées. Avec un temps moyen de diagnostic s’étendant sur 7 à 8 ans, de nombreuses femmes traversent une longue période d’errance et d’incompréhension face à leurs symptômes. En facilitant l’accès à l’information, le projet vise à réduire ces tabous qui enferment les patientes et à leur donner les clés pour devenir actrices de leur propre santé. L’objectif final est de transformer une compréhension parfois complexe du corps en un levier d’action pour améliorer la qualité de vie des femmes à l’échelle mondiale.
