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Début septembre, le Village by CACF, la CCI Puy de Dôme et Digital League organisaient une soirée autour d’un documentaire « AI at Work : who runs the office? « . Diffusion suivie d’un débat sur l’impact de l’IA dans le travail. Plusieurs intervenants y participaient, dont Thomas Flauraud fondateur de Bonjour IA, qui conseille les entreprises dans leur approche. Le Connecteur en a profité pour lui poser quelques questions…
Avec Thomas Flauraud, l’IA est traitée sous l’angle de l’humain, des métiers et des organisations. Si l’intelligence artificielle est bien entrée dans l’entreprise, ses usages restent encore très inégaux. Derrière les outils, il invite surtout à regarder leurs effets sur le travail et les compétences. Et à penser organisation et souveraineté.
Intégrer progressivement
Les premiers usages peuvent être simples. Il cite la veille par exemple. Une IA peut être configurée pour consulter régulièrement plusieurs sources, récupérer les informations nouvelles et produire une première synthèse. Une première tâche simple automatisée qui permet aussi de tester un mode de fonctionnement à supervision humaine. « Human in the loop », le principe le plus important à mettre en place dès le départ.
Une transformation beaucoup plus rapide que les précédentes
Pour expliquer la rupture actuelle, Thomas Flauraud compare l’IA aux grandes vagues technologiques précédentes : machine à vapeur, électricité, automobile ou informatique. Là où les innovations industrielles mettaient autrefois plusieurs décennies à se diffuser d’un territoire à l’autre, l’IA s’est diffusée à une vitesse incroyable.
« Quand l’IA est lancée à San Diego, en Californie, elle arrive à Giou de Mamou dans le Cantal en même temps. Et c’est ça qui est anxiogène. »
Un sujet plus RH que DSI
« Ce n’est pas un sujet technique, c’est un sujet humain. »
Pour Thomas Flauraud , faire entrer l’intelligence artificielle dans une organisation ne peut donc pas relever uniquement de la direction informatique. Car adopter de nouveaux outils suppose d’expliquer, de former, de rassurer mais aussi de redéfinir certaines tâches. Les inquiétudes des salariés lui semblent d’autant plus légitimes que les effets futurs de l’IA sur les métiers restent encore difficiles à mesurer.
Une question de souveraineté
Autre sujet à intégrer dans les réflexions et les choix en entreprise, celui de la dépendance des entreprises européennes aux grands acteurs américains de l’IA. Pour Thomas Flauraud, les dirigeants devraient davantage s’interroger sur les outils auxquels ils confient leurs données et leurs connaissances internes. Il rappelle notamment l’existence d’acteurs européens comme Mistral AI et la possibilité, pour certaines entreprises, de faire fonctionner des modèles dans des infrastructures maîtrisées et hébergées en France.
Une réflexion qui concerne donc autant la protection des données que la souveraineté économique.
Et l’impact environnemental ?
Le développement de l’IA pose enfin la question des infrastructures nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Les data centers consomment de l’électricité et nécessitent des systèmes de refroidissement. Pour Thomas Flauraud les évolutions technologiques permettront peut-être de limiter cette consommation ou d’utiliser d’autres sources d’énergie. Bonjour IA expérimente par exemple à Clermont-Ferrand une infrastructure locale fonctionnant avec une technologie peu génératrice de chaleur et alimentée par de l’énergie solaire.
