Abdel Jalil, Clermont-Ferrand : « On peut tout faire ! J’en suis la preuve »

Abdel Jalil, Clermont-Ferrand : « On peut tout faire ! J’en suis la preuve »
 Photos : © Fanny Reynaud pour Le Connecteur

Abdel Jalil est originaire des Combrailles, plus précisément des Ancizes-Comps. Il arrive à 16 ans sur Clermont-Ferrand pour des études en serrurerie métallerie. Entrepreneur dans l’âme, il a monté plusieurs sociétés. Il est aujourd’hui le dirigeant de AJ SERRURERIE 63, créée il y a plus de quatre ans. Il partage avec nous ses conseils pour oser entreprendre.

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Bonjour Abdel, est-ce que tu peux nous présenter ton activité ?

Je fais de la serrurerie, du dépannage et de l’installation de serrures blindées. À côté, je propose aussi mes services pour tout ce qui a trait aux ouvertures comme les fenêtres, les portes, les portails, etc.

Pourquoi as-tu décidé de monter ta première boite ?

J’ai toujours été autonome et débrouillard. Dans les entreprises dans lesquelles j’étais salarié, j’aimais vraiment suivre les chantiers du début jusqu’à la fin; de la prise de contact avec le client, en passant par le chiffrage et la réception du chantier.
Un jour, je me suis dit “et pourquoi pas moi? Pourquoi ne pas me mettre à mon compte?”

Quel est l’élément déclencheur qui te fait passer de salariat à l’entrepreneuriat ?

Je crois que c’est arrivé pendant la crise de 2008. Malgré mes diplômes et mes qualifications, je ne trouvais pas de boulot. Alors j’ai décidé de me mettre à mon compte. J’ai un peu galéré au départ. Ensuite, j’ai réussi à me dégager un salaire. Depuis cette première expérience, je me suis dit que je serai toujours mon propre patron.

Photos : © Fanny Reynaud pour Le Connecteur 

Avec le recul, qu’est-ce qui te rend le plus fier ? 

Déjà, d’être arrivé où je suis aujourd’hui. Je suis quelqu’un de têtu. J’ai eu plusieurs sociétés. Elles n’ont pas toutes fonctionné, mais j’ai continué à aller de l’avant et à ne pas me laisser abattre. Ça va faire quatre ans que j’ai créé cette entreprise.
Aujourd’hui, c’est une affaire qui roule presque toute seule.  Il faut persévérer, se donner les moyens et ne pas baisser les bras. Une fois que l’on a trouvé notre rythme et que l’on fait les choses avec sérieux, c’est beaucoup plus facile.

Est-ce que tu as été aidé et accompagné dans tes différentes aventures entrepreneuriales ?

Je me suis débrouillé par moi-même pour monter mes différentes boîtes. Pour la dernière, j’ai eu la chance d’être lauréat d’un concours qui s’appelle Ouvre-boîte. C’est bien, ça nous met en valeur. Et puis c’est une certaine fierté d’être reconnu comme artisan à part entière. On habite dans un quartier, malgré tout, on peut réussir. On est récompensé par le maire en personne. C’est très valorisant.

Photos : © Fanny Reynaud pour Le Connecteur 

Qu’est-ce que tu préfères dans ton quotidien ?

Le relationnel client. On voit vraiment de tout. Chaque intervention est différente. Parfois, lorsque les personnes sont enfermées dehors, elles nous voient arriver un peu comme le sauveur !
J’adore ce que je fais. Je ne pourrais pas envisager de rester assis à mon bureau sans faire d’intervention. C’est hors de question.

Et le plus compliqué ?

Avec certains clients, ça peut être très compliqué. On rentre dans l’intimité. On voit des gens très malheureux et ça peut faire mal. Je travaille avec la PJ de Clermont-Ferrand et les pompiers. Parfois, ce n’est pas évident. On voit des choses très dures. 

Quelles sont les prochaines étapes ? 

Je voudrais m’agrandir et embaucher une première personne. Dans l’idéal, il en faudrait deux pour assurer les dépannages. J’aimerais aussi prendre un local commercial avec une enseigne.

Photos : © Fanny Reynaud pour Le Connecteur 

Un conseil à donner aux entrepreneurs en herbe ?

Oui. Il faut persévérer. Ce n’est pas parce que l’on a eu un échec qu’il faut baisser les bras et se dire “c’est bon, je n’y arriverai jamais”. À un moment ça finira toujours par payer. Si on a un entourage qui nous aide, tant mieux, mais s’il n’y a pas, tant pis, il faut quand même y aller. Il faut avoir les épaules solides, il faut croire en ses projets. C’est tout.

C’est l’instant carte blanche…quelque chose à ajouter ?

Ça rejoint la dernière question. Je suis issu des quartiers, j’habite Saint-Jacques. Je vois plein de jeunes, ils ont de l’or dans les mains. Ces gamins, ils bossent bien, mais, malheureusement, ils sont souvent catalogués, “les jeunes font ci ; les jeunes font ça”. C’est une réalité, mais aussi, ils n’ont personne pour les aider. 

Aujourd’hui, pour faire quelque chose, il faut quand même avoir un peu d’argent. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras, il faut y aller. On peut tout faire ! J’en suis la preuve. Je suis des quartiers, je n’avais pas un centime en poche pour commencer. Je n’avais rien du tout. En plus, je suis papa, j’ai des enfants, etc… Malgré tout, j’y suis allé. Et vous verrez quand ça marche vous serez très fiers.

Le Portrait chinois

un livre : je serais un journal, parce qu’un journal, c’est très diversifié et ça me rappelle un peu mon boulot. On voit de tout, on ne fait pas toujours la même chose.
Instrument de musique : une guitare. Selon comment on la manie, il va y avoir un son différent et au final c’est beau comme mon métier
Série Netflix : La Casa de Papel parce que dans cette série, chaque projet est très travaillé, c’est très réfléchi comme mon boulot !
Sport : la boxe parce que c’est un sport de force, mais il faut aussi être très discipliné. Il faut savoir garder son calme en toutes circonstances.

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À propos de Pauline Rivière

Pauline Rivière est rédactrice en chef du média en ligne le Connecteur. Elle est aujourd'hui, réalisatrice, reporter d’images et formatrice au sein de l'association. Elle s'intéresse également à l'innovation éditoriale. Avec sa société SmartVideo Academy, elle anime différentes formations à la réalisation de vidéos (au smartphone notamment) et à l’écriture audiovisuelle. Elle intervient également dans l'Enseignement Supérieur auprès d'étudiants en communication digitale.