Dossier / Objets connectés et industrie

Dossier / Objets connectés et industrie

Par Pauline Rivière
et Véronique Jal

Le 19 mars dernier, Le Connecteur était à Thiers à l’Usine du May, pour un Afterwork Innovation, premier du genre, dédié aux objets connectés.

Quand on connait le crédo du Connecteur, ‘Inspirer & Poliniser’ l’écosystème de l’innovation, on comprend l’idée. D’un côté, un bassin industriel traditionnel en plein renouvellement -Thiers et notamment le secteur de la coutellerie- et de l’autre, des start-up ou entreprises auvergnates qui ont développé des solutions connectées pour l’industrie… Agitez le tout et vous obtenez un précipité d’une bonne cinquantaine de personnes, intéressées, curieuses, en réflexion, … de bonne ondes et des échanges riches.

Prêts à vous engager dans une démarche IOT ?

Quelques jalons pour vous …

5 minutes d’I.O.T ?

 

IOT, Objets connectés … l’opportunité de repenser son service et son offre de valeur

Une définition simple, piquée sur Internet : Objets qui captent, stockent, traitent et transmettent des données, qui peuvent recevoir et donner des instructions et qui ont pour cela la capacité à se connecter à un réseau d’information. Ce réseau est appelé Internet des Objets (IDO) ou Internet of Things (IoT).

 

 

@Alexis Echegut

Paul PINAULT

« Il n’y aucune valeur à aller chercher dans les objets connectés » !

On pourrait dire que c’est l’idée-force, le fil rouge de la soirée et c’est la première phrase, que prononce Paul Pinault, ambassadeur SigFox et fondateur de Ingenious Things.

Connecter un objet, ce n’est pas juste ajouter une fonction supplémentaire, c’est repenser son service et son offre de valeur, c’est avant tout une démarche marketing servie par la techno.

Un objet, on le produit, on le vend, on le stocke, on le livre à son utilisateur final, on le recycle … et à partir du moment où l’on devient capable de collecter – et d’analyser- des données sur ces différents cycles, s’ouvre l’immense champ des capacités d’innovation nouvelles en termes de plus-value consommateur, de sécurisation, d’authentification, de connaissance clients, …

Pourquoi ne le faisait-on pas avant ?

Si l’on se réfère à notre définition de départ, l’objet capte, stocke et transmet des données, pour cela, il doit accéder à un réseau et c’est là que se trouve l’innovation technologique qui rend la chose possible: les technologies “longue distance, basse puissance” (LPWA) mises en oeuvre par Sigfox, Lorawan, …

Les LPWA(N):

  • LP Low Power pour garantir une longue autonomie,
  • PA pour wilde area pour transmettre sur une large zone

Quelques exemples et illustrations ? Retrouvez ici le keynote intégral de Paul Pinault

En savoir plus ? Ici l’entretien publié en avril 2018 par Le Connecteur « Paul Pinault, homme connecté »

Process industriels : «Commencer par ce qui génère le meilleur ROI»

Guillaume BLANC

« Par quoi on commence ? Par ce qui génère le plus de retour sur investissement et qui sera le plus accessibles techniquement, c’est à dire qui s’adapte le mieux à ses problématiques  » selon Guillaume Blanc, CEO d’Exotic Systems.

Le langage commun de tout chef d’entreprise passe par une double préoccupation : la baisse de ses coûts de production et l’amélioration de sa marge et sur ces deux dimensions, les objets connectés ont un rôle majeur à jouer. Et concernant les process industriels, intégrer la connectivité permet de mieux piloter les moyens de production, d’anticiper la maintenance, d’optimiser les ressources. Sommairement, il s’agit de positionner des capteurs dans des endroits inaccessibles- les yeux et les oreilles- et de mettre en place les conditions d’une analyse permanente, voire d’y ajouter la dimension d’intelligence artificielle pour analyser des données très (trop) complexes …

« Mettre des yeux et des oreilles là où on ne peut accéder quotidiennement »

Ecoutez ici les illustrations en matière de process industriels par Guillaume Blanc – Exotic Systems

En savoir plus ? Lire ici l’Entretien publié par le Connecteur en mai 2017 « Guillaume Blanc, curieux, confiant, constructif »

Mieux connaître les usages pour améliorer sa valeur ajoutée

Les objets connectés grâce aux données qu’ils collectent sur l’utilisation de vos produits une fois la vente effectuée, d’en tracer le parcours de vie…, permettent de développer de nouvelles valeurs d’usage, et de construire une véritable stratégie de différentiation, de fidélisation, d’accompagner une démarche de désintermédiation

Emmanuel RANC

En créant une identité numérique, on apporte de la valeur

  • en authentification
  • en tracabilité (suivre une chaîne du froid, renseigner des consommateurs, …)
  • en communication (enrichir des contenus)

Concrètement ? écoutez les exemples d’Emmanuel Ranc : couteaux connectés, vinyles enrichis, bijoux carte bancaire … les objets connectés au service de la connaissance des usages

En savoir plus ? Lire ici l’Entretien publié par le Connecteur en septembre 2018 « Emmanuel Ranc, positive attitude »

Déploiement d’un projet IOT : un projet de conduite du changement majeur

Selon le baromètre de la maturité IOT Industriel, si 28% des difficultés rencontrées par les entreprises du panel concernent l’industrialisation, 25% sont liées à l’organisation et 17% à la conduite du changement … 42% imputables à des questions de management donc …

Comme dans n’importe quel projet de transformation finalement, engager son entreprise dans une réflexion impactant son offre de valeur transforme en profondeur son organisation. Tout cela a donc un impact en termes de fonctionnement et de chaine de prises de décision.

Une expertise qui se déplace

Objets connectés et big datales objets connectés génèrent des quantités colossales de données. L’algorithmique est un moyen de les rendre utilisables par les équipes et les décideurs

Un objet connecté n’est qu’un support pour collecter de la donnée, des quantités invraisemblables de données, dont la finalité est de créer de la valeur. Intégrer cette dimension c’est se donner les moyens de collecter puis structurer les données, de les stocker, de les traiter pour prendre des décisions, bâtir des modèles prédictifs, … pour donner des outils qui se rapprochent de l’iA à des opérationnels.

Désormais, l’opérateur en usine a accès à des données, à une aide à la prise de décision, à des infos qui vont l’aider à comprendre et analyser … autant de supports dont il ne disposait jusque là qu’au travers … du chef d’atelier. Il faut donc repenser l’organisation

Eric FERNANDEZ

Pour Eric Fernandez, du collectif Human to Data, introduire les objets connectés dans sa chaîne de valeur doit se faire dans le cadre d’une approche concertée des métiers, des compétences et des valeurs

Il y a de moins en moins de freins technologiques, en revanche la transformation induite par ces nouveaux outils comporte un enjeu humain majeur.

La démarche de transformation de l’entreprise passe une approche systémique, un triptyque clé,

  • Une vision claire à faire partager: le diagnostic et les enjeux pour l’entreprise doivent être compris et partagés
  • Une adaptation de l’organisation: une démarche très en amont, d’implication dans les choix à tous les niveaux, d’intégration des nouveaux usages, d’accompagnement du management et des équipes vers plus de fluidité et d’autonomie,
  • Une montée en compétence des équipes favorisant l’engagement : une formation continue, progressive, par briques de compétences

Dans un discours d’ouverture de l’IOT World Forum restranscrit dans cet article de l’Usine Digital, le PDG de Cisco Chuck Robbins expliquaient les facteurs clés du succès d’un projet IoT « Un fort soutien des hauts dirigeants est essentiel, ainsi qu’un alignement de l’IT et des business« , a –t-il déclaré. « Il ne faut pas partir seul, et mettre les partenariats au cœur de sa stratégie« . (ref Usine Digitale)

 



Et en bonus, un facteur clé de succès rendu nécessaire par la multiplicité et la technicité des offres disponibles sur le marché qui en rend difficile (impossible) la maitrise exhaustive, il faut apprendre à s’ouvrir sur l’écosystème, à travailler de manière ouverte, avec un réseau de partenaires externes beaucoup plus dense pour apporter des compétences nouvelles dans nos environnements. C’est l’innovation ouverte, une tendance de fond, adoptée par les grands groupes pour nourrir leurs réflexions et faire bouger leurs lignes au contact de start up innovantes.

Deux nouveaux formats pour poursuivre la réflexion

Après ce premier Afterwork Innovation, Le Connecteur vous propose deux nouveaux formats, en plus petit comité, pour échanger de manière plus spécifique et adaptée à vos interrogations.

Intéressés ? Laissez vos coordonnées et attentes, nous construirons avec vous le programme adapté

  • Connec’Tour : une journée dédiée à l’IOT, 5 à 6 entrepreneurs maximum, un programme de 3 visites de start up ou d’entreprises pertinentes, 1 déjeuner rencontre expert. Devis selon besoins.
  • « Une heure chez vous » : vous souhaitez sensibiliser vos équipes et amorcer la réflexion, Le Connecteur organise une conférence sur mesure. Devis selon besoins.

Etre accompagné dans une démarche IOT, les ressources de l’écosystème

 

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La CCI Puy-de-Dôme propose des dispositifs financiers et programmes d’accompagnement pour les entreprises engagées dans des démarches d’innovation.

CETIM Le Centre technique des industries mécaniques a été créé afin d’apporter aux entreprises des moyens et des compétences pour accroître leur compétitivité, participer à la normalisation, faire le lien entre la recherche scientifique et l’industrie, promouvoir le progrès des techniques, aider à l’amélioration du rendement et à la garantie de la qualité. Il propose des solutions d’accompagnement globales et sectorielles. Co dev (études gratuites rémunérées sur royalties), et crédit d’impot centre de production à Annecy,

e-Cluster – dont les missions sont de favoriser l’acquisition et le traitement des données, l’évolution des outils du traitement de l’information et l’adaptation des méthodes de management de la performance- identifie, met en réseau et anime des projets d’innovation collaboratifs

ViaMéca le pole de compétitivité Mécanique d’Auvergne Rhône Alpes

Digital League le cluster des entreprises du numérique, pour élargir son réseau et rencontrer de nouvelles compétences.

 

L’album photos de la soirée ici

 

Le livre blanc de Wavestone

 

 

 

 

 

 

 

 

Les attentes des participants lors de cet Afterwork Innovation exprimées via Beekast outils d’animation digitale de réunions

À propos de Pauline Rivière

Pauline Rivière est rédactrice en chef du média en ligne le Connecteur. Elle est aujourd'hui, réalisatrice, reporter d’images et formatrice au sein de l'association. Elle s'intéresse également à l'innovation éditoriale. Avec sa société SmartVideo Academy, elle anime différentes formations à la réalisation de vidéos (au smartphone notamment) et à l’écriture audiovisuelle. Elle intervient également dans l'Enseignement Supérieur auprès d'étudiants en communication digitale.