Retour en terres auvergnates. #1 Johan Hufnagel, cofondateur de Loopsider

Retour en terres auvergnates. #1 Johan Hufnagel, cofondateur de Loopsider

Il est 18h00, nous sommes le 30 décembre 2020. Nous accueillons avec un peu de fébrilité Johan Hufnagel qui a répondu « oui » pour être le premier invité de notre série « Retour en terres auvergnates ». Il se livre sans filtre sur ses expériences dans l’innovation éditoriale, sur sa vision de la place des médias dans notre société contemporaine. Une rencontre qui marque, qui ouvre la voie à une réflexion plus large sur l’information au XXIème siècle.

Cet article, est la retranscription intégrale de l’entretien vidéo
Sommaire
  1. Toi l’Auvergnat : De Clermont à Paris.
  2. Loopsider, la vidéo sociale qui va à la rencontre des communautés
  3. La vidéo sociale, une narration de l’information qui s’ancre dans les nouveaux usages
  4. Loopsider : une histoire de communautés
  5. L’affaire Michel Zecler, une histoire qui devient une affaire phénoménale.
  6. Les médias traditionnels, c’est pour les parents.
  7. Loopsider en 2021, c’est parler à toujours plus de communautés.
  8. Les photos marquantes de 2020
  9. Dans la tête de Johan Hufnagel.

Toi l’Auvergnat : De Clermont à Paris. Parcours d’un entrepreneur-média avec sa vision.

P.R : Alors on est vraiment très très très très content de te recevoir à Clermont. C’est en écoutant un podcast il n’y a pas longtemps que l’on a découvert que tu étais auvergnat d’origine, enfin bourbonnais d’origine. Alors est-ce que tu es content d’être arrivé parce que tu viens d’arriver. 

J.H : Je suis ravi, ça fait plaisir de retrouver ma mère parce que je ne l’ai pas vu depuis très longtemps à cause de ce fichu covid et ce sont les fêtes de Noël. Donc je suis toujours content de venir à Clermont retrouver un peu cette ambiance de grande bourgade quoi .

P.R : Donc, Johann en dehors d’être auvergnat tu es aussi fondateur du média Loopsider. En faisant des recherches, j’ai vu que c’était le troisième média sur Facebook. Si c’est toujours d’actualité, puisque l’article était un petit peu vieux. Donc, vous êtes un média pure player, 100% vidéo, un mix vidéo et texte. D’ailleurs c’est un format qui est de plus en plus prisé par les médias même “traditionnels”. J’ai vu que France Culture s’y mettait. Vous avez fait aussi un gros coup dernièrement, notamment en sortant une vidéo montrant l’agression d’un producteur par des policiers. Ça on y reviendra mais avant on aimerait, vu que tu es auvergnat, que tu nous racontes un peu ton parcours de l’Auvergne à Paris. …la biographie, la mini bio, le synopsis de ta vie…

J.H :  Alors le synopsis de ma vie c’est on va dire, baccalauréat en 86 je crois, à Vichy. Je suis venu ensuite suivre des études à Clermont.  Clermont c’était aussi la ville d’études de mon père qui a fait sa fac de médecine. Ici, c’est la ville d’où est originaire ma grand-mère, et c’est la ville où ma mère a été journaliste à La Montagne. Ensuite, je pars à Paris pour continuer mes études d’histoire.  J’ai fait dans ma fac ici de 86 à 89 et “je monte à Paris” comme on dit pour faire ma maîtrise et en même temps préparer les écoles de journalisme où j’ai lamentablement échoué. Mais j’ai lu du bol malgré cet échec, j’ai mis le pied dans un grand journal  “Libération” comme stagiaire en octobre 90 et j’en suis sorti pour la première fois en octobre 2006. Donc voilà un peu comment je suis passé de Clermont à Paris.

P.R : ok donc 2006 tu étais encore à Libération. Comment on arrive à Loopsider ?  Parce qu’il y a un petit gap … 

J.H : Alors à Libération, je dirais que j’ai eu deux époques. La première période du print papier. J’étais journaliste au service infographie. Je commençais déjà un peu à travailler sur les ordinateurs c’était illustrator 88 à l’époque…Je faisais des petits schémas, je travaillais avec des graphistes, j’allais chercher les infos. Et  surtout, je commençais à mettre en scène l’information autrement. En 95, premières adresses mail à Libération, premier GIF en 96 et ensuite, internet, le web. J’ai vu un truc arriver devant nous qui était tellement énorme. Je me suis dit : “c’est ça qu’il faut faire, c’est de là que tout va se passer”.

En 97, je deviens l’un des premiers journalistes sur le site web de Libé.  J’y suis resté je suis devenu rédacteur en chef du site.  Je suis parti en 2006 quand j’étais rédacteur en chef de Libération pour rejoindre une personne avec qui j’avais travaillé à Libé qui s’appelle Frédéric Filloux, qui était devenu le cofondateur et patron de 20 minutes en France et qui cherchait quelqu’un pour lancer leur site web. Il avait un site web qui était extrêmement embryonnaire. Et donc j’ai monté le site 20minutes.fr avec une super équipe de journalistes, d’informaticiens. On s’éclate pendant deux ans à faire un des premiers vrais médias modernes, quasiment pure players français. C’est un moment où le monde de pure player commence à naître en France. Il y avait Rue89 un petit peu à ce moment-là, il y a Mediapart l’année d’après. Et puis en 2008, je quitte 20 minutes pour lancer Slate.fr. J’y suis resté six ans jusqu’à mon retour à Libé. Donc voilà, comment est ce qu’on en arrive à Loopsider ? 

Il y avait toujours cette obsession de l’innovation. Pas innover pour innover. Il fallait aller là où étaient les nouveaux usages, là où les gens allaient venir à un moment pour s’informer et trouver de la qualité. Et nous, continuer à faire notre métier de journaliste le mieux possible. Et donc en permanence il faut être à l’affût de ce qui allait changer, de ces moments de rupture.

Loopsider, la vidéo sociale qui va à la rencontre des communautés

P.R : Loopsider, vous flairez les tendances ok. Maintenant on rentre dans : “ça veut dire quoi ? Comment c’est arrivé ? Et pourquoi avez-vous décidé d’utiliser ce format là ? A qui vous vous adressez ?  Votre ligne éditoriale ? 

J.H : Je ne sais pas si vous vous souvenez mais au tout début d’internet, au début des années 2000,  il y avait un  format qui s’appelait RealNetwork. C’était des petites vidéos, c’était vraiment tout petit, mais on savait déjà que les vidéos allaient exploser.  Tout à l’heure on parlait de rupture et de ces usages qui vont tout changer il y a trois moments très très forts. 
Il y a évidemment l’internet à très haute vitesse, l’ADSL, le téléphone mobile, la WIFI, ensuite les réseaux 4G. La création  de Facebook et de Twitter en 2006 et puis il y a la création de d’iPhone en 2007.

Il y a donc ces trois temps forts : le mobile, les réseaux sociaux et la vidéo. En 2007 c’était déjà les premiers youtubeurs. A l’époque la première plateforme vidéo en France c’était Dailymotion. Dailymotion était né avant Youtube.

A 20minutes, on a vu que l’on avait un lectorat qui était à la fois très populaire et très jeune. Il fallait évidemment que l’on réussisse à s’adresser aux personnes qui commencent à regarder des vidéos. Donc, le la première personne que j’ai embauché pour qu’il s’occupe de la vidéo, parce que moi je n’y connaissais absolument rien, c’est un jeune garçon qui a fait du chemin et qui n’est plus si jeune aujourd’hui. Il s’appelle Cyprien. Il a commencé à 20 minutes comme journaliste. Il avait 18 ans, je lui ai dit : l’info tu trouveras ton chemin, ce que l’on veut c’est avoir ta fraîcheur, ta façon de regarder des événements, de les présenter et d’en parler. Je suis parti assez vite et Cyprien a continué sur sa lancée parce que son talent était évidemment plus grand.  On a lancé ça sur Dailymotion parce que je connaissais un des patrons de Daily qui s’appelle Giuseppe Di Martino qui aujourd’hui est un de mes deux associés à Loopsider.

Ensuite avec Giuseppe on a réfléchi à ce que l’on pouvait faire ensemble.  J’étais à Slate et lui à Dailymotion. En 2010, 2011, deux médias qui sont lancés aux États-Unis : un qui s’appelle NowThis news. A l’époque c’était le premier format de vidéo carrés sur mobile. Et un autre AJ+, la filiale de vidéos sociales d’Al-Jazeera. Ce sont eux qui ont été les premiers dans le monde à avoir créé et popularisé ce format de vidéo carré sous-titré. Nous on s’est dit, “c’est peut-être ça qu’il faudrait qu’on essaie de faire”. Mais il faut avoir les moyens, il faut avoir le temps. A ce moment-là je suis à Slate sur d’autres projets de data, de journalisme augmenté par la donnée.  Ensuite je vais rejoindre Libé. Avec Giuseppe on en reparle en 2014 on a l’idée un moment avec d’autres de Libération TD ça ne peut pas se faire parce que toujours, d’autres projets… On continue d’en parler, et d’en parler, on a même un nom de code.  

A un moment on sait que quelqu’un d’autre est en train de travailler autour de ça, c’est Arnaud Maillard, qui est notre troisième associé dans Loopsider. Et on se dit “allez il faut que l’on se lance”. Mais bon moi on n’avait pas les moyens de production. Il faut qu’on lève de l’argent. Et puis Brut se lance à ce moment-là. On se dit ok on sera peut-être pas les premiers mais il ya de la place pour plein de gens. Comme dit Giuseppe “plus il y a de bars, plus y a d’alcooliques. Et puis il y avait aussi d’autres médias qui faisaient ça avant Brut. On parlait de NowThis et d’AJ+, Konbini et puis aussi plein d’autres médias plus ou moins traditionnels qui s’y sont mis aussi. Je pense au Figaro ou l’Express qui en faisait déjà. Nous, on a levé de l’argent pour se lancer. C’était septembre ou octobre 2017 Arnaud et Giuseppe me convainquent de les rejoindre pour diriger la rédac. Je quitte Libé en octobre 2017 et Loopsider se lance en janvier 2018.

P.R : Mais alors Johan je ne sais toujours pas ce que veut dire Loopsider, ni la ligne éditoriale …

J.H Le plus compliqué, c’est de trouver un nom pour un média parce que nous on s’est dit il faut que ce soit un média que l’on puisse lancer à l’international. Il faut qu’il puisse être lu facilement par le monde anglophone. Donc il fallait  soit un nom anglais, soit un nom qui puisse être lu par le monde anglo-saxon.

On avait l’idée de cette boucle. Soit la boucle du GIF, très courte, soit la boucle un peu plus longue de la vidéo qui se met son auto-play. Donc pour “Loop” a été un truc qui était un peu évident. Il y avait déjà dans la genèse de la loupe, l’idée d’aller regarder les choses d’un peu près, d’expliquer les choses aux gens. Donc voilà “Loop” super on a un truc. Evidemment on n’a pas été les premiers sur ce coup-là et quand on tape “Loop’ sur Google ou sur Facebook on s’aperçoit qu’il y a plein de “loop, il y a des “loopers” il y a des machins… ça peut pas marcher c’est déjà pris pas une fois mais dans toutes les classes possibles et imaginables.  Donc on va ajouter autre chose. On a vu qu’on n’était pas les premiers à se lancer, I-il y avait AJ+ France, Explicit, le Média, on était un peu les outsiders, ceux que personne n’attendait. Donc “loop” et “outsider” et donc Loopsider. 

Quant à la ligne édito, on s’était dit depuis le début avec Giuseppe et Arnaud, que c’était la réflexion sur les usages. on n’était pas les seuls à l’avoir fait. On peut parler de tous les gens qui font un peu comme nous, de France Culture à Konbini. Il y a cette obsession que j’ai depuis le début sur les usages. A un moment, les gens ils ne vont plus au kiosque ça on le sait. Il y a une génération aujourd’hui qui est en train d’arriver à maturité entre guillemets. Ils ont entre 18 et 30 ans et ils ne vont même plus regarder la télévision.  Quand je dis “à la télévision” c’est la télévision de direct, comme regarder le JT. Je suis dans l’info, quand on voit les chiffres d’un Jean-Pierre Pernaut qui écrase tout? C’est sans doute moitié moins que ce qu’il faisait il y a 10 ou 20 ans. La radio, c’est exactement la même chose. Je suis un énorme consommateur de radio. Aujourd’hui, on sait que les podcasts prennent de la place. En tout cas, ils prennent de plus en plus de temps de cerveau disponible chez les plus jeunes,  pas forcément les plus jeunes, mais toute une génération de gens qui ont envie d’avoir une autre façon d’écouter l’information. 

Donc sur la vidéo, c’est la même chose. On s’est dit : “il faut qu’on aille informer des gens qui ne  s’informent plus avec les médias traditionnels ou qui continuent de s’informer avec les médias traditionnels mais qui passent aussi énormément de temps sur les réseaux sociaux ». Notre objectif, c’était de leur donner une information de qualité avec les codes les usages des plateformes, avec les codes culturels de ceux qui aujourd’hui, in fine, sont les plus gros créateurs de contenus, à savoir tous les gens qui nous regardent et au-delà.


La vidéo sociale, une narration de l’information qui s’ancre dans les nouveaux usages

P.R :D’ailleurs, votre baseline c’est : regarder comprendre partager. Comment est-ce que vous construisez vos vidéos ? Comment est-ce que vous choisissez vos sujets. On voit aujourd’hui que plus le sujet est clivant, plus il a tendance à générer du clic, du commentaire et du partage. Qu’est ce qui fait que vous allez sélectionner un sujet plutôt qu’un autre ? Est ce que c’est juste une envie personnelle ou vraiment en fait vous êtes sûr de l’analytics. Ou plutôt par rapport à vos cibles ?

J.H C’est un mélange. La première chose c’est “regarder” on est un média en images. De plus en plus d’informations se transmettent avec les images. Ce n’est que le début de cette révolution qui a commencé il y a aujourd’hui 15 ans. C’est vraiment le début de la vague. On voit on l’a vu aussi avec le Covid. Ce ne sont pas des réunions ou des coups de fil que l’on passe mais des visios. Ce n’est plus des films que l’on va voir au cinéma, on regarde aujourd’hui des plateformes. Je ne sais pas comment on pourrait chiffrer ce volume d’images qu’on regarde toute la journée, c’est juste phénoménal. et ce le sera de plus en plus.

Ça veut dire qu’il faut qu’on parte de l’image. Moi qui viens de la presse écrite traditionnelle je sais que ce n’est pas simple de transmettre des informations qui parfois sont des informations complexes.
Il y a  des sujets par exemple, que nous, on ne sait absolument pas faire :  les sujets  sur la science par exemple ou des sujets sur l’économie. On est nul, on n’a pas encore trouvé la clé pour informer notre communauté sur des sujets comme ça.
Donc il fallait qu’on parte de l’image. C’est un de nos premiers axes quand on se réveille le matin ou quand on ne dort pas le soir, c’est : “quelles sont les images qui sont arrivées aux yeux du monde, comment est-ce qu’on peut faire en sorte de les contextualiser vis-à-vis de nos lecteurs.

 La deuxième chose, c’est comprendre. Ce que l’on essaie de créer, ce sont des vidéos qui ont de l’impact pour notre communauté, qui vont donner envie d’être partagées mais surtout d’être comprises. On se dit : “il faut que nos lecteurs, notre audience, notre communauté,  je ne sais pas comment on doit les appeler” comprennent l’information qu’on veut transmettre.

Donc, d’abord les faits, et ensuite le contexte. Ça c’est extrêmement important. Et après effectivement il y a “PARTAGER”. Cette dimension “partage”, elle est énorme. Ça veut dire qu’il faut connaître les algorithmes, il faut connaître les plateformes, savoir comment ça fonctionne. On a une équipe de deux mathématiciens data-scientist qui sont en permanence à essayer de comprendre comment Facebook, Instagram ou Youtube fonctionnent. Et aussi  d’essayer de voir quand est ce que ça bouge, à quel moment ça bouge et pourquoi ? In fine c’est d’analyser notre vidéo pour en sortir de la data qui va nous permettre de mieux travailler. Soit, en construisant des vidéos différemment, soit en éliminant un certain nombre de points faibles qu’on peut observer en regardant finement les analytics.
Enfin, en regardant quels sont les sujets de conversation et les informations qui ont la bougeotte. On a ce triple boulot quotidien de regarder ce qui se passe ailleurs, regardez ce qui est en train de bouger dans le monde et puis, trois, d’essayer d’analyser. Je dirais même qu’il y a un  4ème tiers : c’est le boulot de journaliste. C’est de sentir un peu, l’intuition qu’on peut avoir sur ce qui se passe dans le monde. De se dire “ tiens les gens ont envie plutôt de comprendre ça ou d’aller chercher ça” et de créer nos propres sujets à traiter.  Que ce soit une enquête, du reportage. Ce que l’on fait de plus en plus aujourd’hui.  Le média Loopsider à trois ans, c’est encore un jeune bébé.

Loopsider : une histoire de communautés

P.R : Justement, tu parlais de ta communauté. On parle de combien de personnes ? Quelle est la communauté Loopsider. On est sur des 18-30 ans ?

J.H En fait on va réfléchir par plateforme. Aujourd’hui on opère plutôt très bien trois plateformes. Facebook, celle qui a le plus de puissance, c’est environ deux millions d’abonnés. C’est 1,5 milliards de vidéos vues par an

 P.R : A peu près comme nous (haha)
J.H : ça vient assez vite vous verrez. Une fois que vous avez le bon kick…
P.R : Nous il nous manque la partie “partager”, les gens pour tout analyser. 
J.H c’est essentiel 
P.R : On ne peut plus juste créer du contenu ?

J.H ; Non. Malheureusement. Il faut qu’on ait des gens qui savent, qui comprennent comment ça marche “derrière”. Ça c’est vraiment essentiel pour lancer aujourd’hui un média. Si on n’a pas des gens qui comprennent le monde dans lequel on est, qui est un monde de maths. C’est plus compliqué. 
Je suis vraiment content d’avoir des associés et cette équipe-là qui nous permet d’aller plus vite aussi et de comprendre beaucoup de choses. On peut bricoler mais à un moment donné le bricolage ne suffit pas. 

Cette communauté sur Facebook, des Français qui vont voir chaque mois regarder une vidéo de Loospider. On est autour d’une dizaine de millions.Cette communauté c’est plutôt une femme, plutôt de 35 ans, qui vit en région. 

On a une deuxième communauté, qui est la communauté Instagram. C’est plutôt 18-24, toujours une femme, peut-être un petit peu moins région mais plutôt en métropole, plus urbaine, plus Grand Paris. 
On doit être à peu près à 400 000 abonnés. C’est celle qui croît le plus vite, c’est la plus jeune, la plus lucrative, la plus inventive. C’est vraiment celle que j’adore travailler parce qu’elle n’est pas que vidéo, c’est plus facile pour moi à comprendre. 

Et puis la troisième plateforme sur laquelle on est assez fort c’est Snap. On a un show hebdo qui s’appelle “Hello world” qui est aujourd’hui présenté par Jessie Nganga. Elle fait toutes les semaines, une revue des infos qui ont un peu marqué et Loopsider et le monde entier. C’est intéressant c’est avec Insta, celle où on a le plus de retours des communautés. On voit quels sont leurs centres d’intérêts au-delà de la data. Ça nous permet d’aller chercher des sujets un peu différents.  Il y a une grosse envie d’informations internationales sur Snap. Je crois que l’on fait à peu près deux millions et demi de visiteurs uniques par mois.

Et enfin, il y a les communautés naissantes. Tik Tok on a commencé il y a quelques mois. On n’a pas encore vraiment pris nos marques sur Tik Tok. On essaie pas mal de choses. Il y a en a une sur laquelle on n’est vraiment pas bon c’est Youtube. On pense qu’il faut investir beaucoup plus. On sait comment on devrait faire. sur Youtube mais pour l’instant on n’est vraiment pas bon.

L’affaire Michel Zecler, une histoire qui devient une affaire phénoménale.

P.R : Très bien. On passera à la photo après mais là j’ai envie d’enchaîner avec le cas Michel Zecler. Donc en novembre même si vous êtes déjà très très très très connu les les gens qui ne connaissaient pas Loopsider en ont entendu parler. J’ai regardé ne serait-ce que sur Google actualités, les mentions Loopsider. Vous avez du avoir un pic. Ceci est dû à une vidéo. Donc on voyait le producteur Michel Zecler qui témoignait, avec les images aussi de télésurveillance. C’était toute une enquête autour de l’agression de Michel Zecler par  des policiers à Paris. Pourquoi est-ce que vous avez choisi de sortir cette histoire là parce que là ? On est au delà de juste “informer”. C’est un coup de buzz énorme. 

J.H : Je vais être un peu long, c’est ma formation d’historien, je remonte toujours, il y a beaucoup de contexte en arrière.  Quand on crée un média, on à la ligne éditoriale et il y  a les formats. Celui auquel je tenais beaucoup c’était, reprendre des images qui ont marqué puis mettre du contexte. C’est bien pour apprendre le métier, pour savoir faire de la vidéo sociale. 

Mais au-delà, il y a un truc auquel je crois beaucoup, c’est qu’il faut sortir des infos, il faut être différent des autres.

Il faut soit être le premier. C’est ce que j’ai fait à 20minutes. On était les premiers sur l’info. Soit avoir des analyses pertinentes, différentes, du ronron médiatique et  c’est ce qu’on fait à Slate. Ou encore, sortir des enquêtes, c’est ce que j’ai commencé à faire à Loopisder. Il me semblait que c’était important d’avoir un format, à nous, que d’autres n’avaient pas. Il y a un autre truc c’est la révolution en images. Le téléphone  mobile on le regarde comme ça, quand on se parle comme ça, en selfie.

Il fallait que nos journalistes se montrent,  qu’ils soient des connecteurs, qu’ils soient des passeurs de l’information, de l’analyse. Et donc on a à la fois ce rapport avec le téléphone qui est de un à un, c’est important de l’incarner par des visages, des visages aussi des usagers. Incarner avec des gens qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir à la télé. Des gens qui n’étaient pas formatés par la télévision.

David Perrotin, un jeune journaliste talentueux, qui a bossé à Buzzfeed ou Rue89, quand il a commencé ses premières enquêtes pour Loopsider il y a pile deux ans. Et bien la première enquête c’était sur les violences policières. C’était pour expliquer que l’in ne découvrait pas les violences policières. Avec les gilets jaunes, la grande France s’est aperçue que les policiers avaient des méthodes violentes de maintien de l’ordre. Mais que les policiers avaient déjà testé ces méthodes-là, notamment dans les quartiers populaires. Pas qu’à Paris,  mais à Clermont-Ferrand, il y a des jeunes qui ont été tués par des policiers. David avait retrouvé un jeune garçon qui avait reçu un LBD dans l’oeil. Et c’est ça sa première histoire. Il n’a pas fait que ça à Loopsider. Le sujet la dernière enquête qu’il a fait pour Loopsider, c’est sur les violences et la maltraitance contre des enfants.

Dans tous ls cas, c’est assez naturellement que l’avocate de Michel, quand elle a vu ce qui lui était arrivé, s’est tournée à la fois vers David et à la fois vers Loopsider. David travaille aujourd’hui chez Mediapart.

Quand il a reçu les images on savait déjà que David allait partir chez Médiapart. Mais pour David il était évident que ce sujet devait être un sujet Loopsider. A la fois parce que la puissance des images était telle et puis parce que c’était un sujet que l’on avait traité ensemble depuis très longtemps. C’est comme ça que l’histoire est arrivée. Ce n’est pas par hasard du tout. Ça arrive rarement par hasard ces histoires-là. Et donc là effectivement le traitement que l’on a donné est un peu particulier. Chez Loopsider ont fait des sujets qui font en général trois minutes, là c’est un sujet qui faisait plutôt 10. Parce qu’il y avait à la fois le matériel d’information, la force des images, la puissance des images et le récit de Michel qui donne du contexte et aussi tout le travail derrière. Ces infos là quand on a l’interview, il faut quand même vérifier derrière. Ça c’est le boulot de David, de vérifier toutes les informations et de concevoir un événement sur cette affaire hallucinante de bout-en-bout. 

P.R : Et vous attendiez à ça ? Parce que c’est quoi c’était combien ? 12 millions de vues, je ne sais plus combien de partage 

J.H : Je crois qu’aujourd’hui on doit être autour de 40 millions (l’interview a été réalisée le 30 décembre 2020).  Quelqu’un a dit que c’était la vidéo sociale la plus vue dans l’histoire des vidéos.

P.R : Cette vidéo n’a pas eu qu’un impact médiatique c’est à dire que derrière il y a eu un impact politique et juridique. Donc en fait ça vous met dans quelle position ?

J.H : Évidemment au début avec David on savait que cette vidéo allait  marcher vu la puissance des images et la force du témoignage de Michel. C’était forcément une vidéo qui allait cartonner. On n’imagine évidemment pas la répercussion. A la fois le monde qu’elle allait toucher mais pas que le monde qu’elle allait toucher. Qui elle allait toucher. Elle a été partagée par des gens qui ne partagent pas ces infos. Par exemple,  elle a été partagée par  Griezmann par Mbape et par Aya Nakamura. Il y avait quelque chose qui est effectivement hors norme.

Surtout il y a le moment particulier où cette vidéo est sortie. Il y avait le débat sur l’article 24 où justement on disait : “attendez, vous voulez nous empêcher de filmer exactement ça ? vous voulez nous empêcher qu’on montre ces images là ?! Mais voyez bien qu’ils aient un problème parce que si jamais les policiers avaient su qu’ils étaient filmés ils n’auraient jamais fait ça.”

C’est une évidence, on le sait depuis très longtemps, beaucoup de gens le savent que dans les quartiers populaires. Tu parlais de #BlackLiveMatters. On sait notamment quand dans les quartiers pour se protéger de la police il faut filmer la police.
Pour plein de jeunes, filmer la police c’est montrer comment ils sont en vrai, montrer quand ils dérapent, montrer quand justement le système policier sort de ce qu’il devrait être. 

Il y a donc eu cette espèce de cocktails, que j’ai appelée la perfect storm, la tempête parfaite. Où tout est réuni pour que ça devienne effectivement hors norme.
Effectivement, c’est un tremblement de terre politique, c’est la fin, je l’espère, de l’article 24. C’est sans doute une remise en question des rapports entre la population et ses policiers, des policiers aussi entre eux.
C’est un truc extrêmement important sur la formation. Comment leur donner des armes qu’ils soient à la fois au service de la population et en même temps qu’ils soient mieux formés, etc.
Ce débat là qu’on aurait bien aimé l’avoir eu depuis plusieurs années, peut-être qu’on va enfin l’avoir.

A tel point qu’effectivement Emmanuel Macron interviewé sur Brut, là aussi c’est un moment fort. C’est un moment fort pour le Président la République qui se dit :  “tiens je vais essayer de toucher des gens qui sont impactés ou en tout cas intéressés par ces questions-là, je vais devoir aller sur un autre pure player”, qui est Brut et utiliser le mot violences policières qu’il ne voulait pas utiliser.

Les médias traditionnels, c’est pour les parents.

P.R : Mais alors le fait que  maintenant ça se passe sur Brut que ça se passe sur Loopsider, c’est à dire quoi ? Le média traditionnel en fait il faut qu’il ait sa sous-marque à destination des réseaux sociaux pour avoir une chance d’exister. Parce que si c’est France Culture, Tf1, CNews ou Bfm, les gens vont passer …

J.H C’est une très bonne question. Il y a plein de façons de répondre. D’abord, un, oui je pense qu’en effet quand on est aujourd’hui un média traditionnel il faut que l’on aille là où  sont des gens, puisqu’ils ne viendront jamais à nous, ils ne reviendront plus jamais à  nous, c’est fini. Les plateformes sont trop puissantes, l’usage est passé à autre chose. 

Ça a été le maître mot de ce que j’ai voulu faire depuis le début : il faut y aller dans les usages : l’image, la mobilité, le réseau social. Les marques des médias traditionnels doivent effectivement y aller. Après, tous les problèmes ne se règlent pas, notamment les problèmes de défiance d’aujourd’hui. Les médias traditionnels ont le poids des années, le poids de leur âge aussi. Un journal comme Libération comme Le Monde comme les Echos, c’est le journal des parents, quand on devient pro. 

Et là quand on rentre dans l’information,  j’aime bien ce mot parce que j’ai des enfants on dit “qui sont entrés en lecture”. Et bien, on rentre dans l’info avec des médias qui nous ressemblent. Un média comme Konbini, comme Loopsider, comme Brut, finalement ils se sont créés pour adopter ces codes là. Et dans ces codes, il y a une forme de dialogue beaucoup plus basique, beaucoup plus horizontal. Il y a des sujets qui intéressent davantage, une proximité qui fait que les lecteurs se sentent proches.C’est important d’avoir ça en tête. 

il y a les usages mais il y a aussi les vrais concurrents de ces médias comme Brut ou comme Loopsider qui sont les médias qui ont des objectifs, qui ont des agendas.  Qui sont pas forcément des médias comme les nôtres qui prônent le respect ou une forme d’honnêteté intellectuelle. Ce sont des médias conspirationnistes dont le but est de désinformer. Ce sont des médias opérés par des puissances étrangères dont le but est d’affaiblir la démocratie et nous on se bat contre ces médias là.

Je voudrais juste finir sur Zecler. C’est que cette histoire était à la fois énorme et très très grosse mais pas trop grosse pour nous. Je pense qu’on a plutôt bien géré, mais il fallait que tout le monde la voit.  On ne voulait pas que ces images restent uniquement cantonnées à la communauté.  C’est pour ça qu’elle a été extrêmement virale sur Twitter, sur Insta, sur Facebook beaucoup de gens l’ont reprise, partagée et  parfois téléchargée. C’est pas grave, on s’en fout. A un moment,  il faut que l’information circule.

C’est d’ailleurs pour ça que l’on a laissé les images à toutes les chaînes d’info.

 P.R : Est-ce qu’elles vous appartiennent ces images ? 

J.H Certaines nous appartiennent. Evidemment, l’interview de Michel, le montage qu’on a fait. On a fait un travail de contextualisation, de scénographie et de mise en scène. Non pas  pour transformer la réalité mais justement pour qu’elle soit mieux comprise et mieux cernée. Les images de vidéosurveillance ne nous appartiennent pas. Plein de médias y ont eu accès après parce que l’avocate leur a donné . Mais au delà de la vidéo surveillance à l’intérieur du local mais il y a celles à l’extérieur. On est allé récupérer les images d’autres voisins pour montrer cette scène et donc là dans ce cadre là le “travail” nous appartient. 

Loopsider Auvergne, Loopsider USA ou Loopsider Ecolo ? 

P.R : On pourrait en parler pendant des heures de tout ça, mais il y a couvre-feu et donc il faut quand même avancer. Loopsider tu disais que c’était le petit dernier. Il paraît que vous êtes déjà rentable. Si on parle de développement, on aimerait savoir au Connecteur si tu voies plus un Loopsider USA ou un Loopsider Auvergne ? Est-ce que c’est possible de décliner ces nouveaux formats sur de l’information locale ou c’est vraiment une manière de fonctionner qui est plus globale, sur des enjeux va dire plus internationaux.

J.H :  La France aujourd’hui c’est un peu la région du monde, ce n’est pas le centre et Paris n’est pas le centre de la France et la France n’est pas le centre du monde. Aujourd’hui notre stratégie est claire, c’est plutôt de se développer sur un certain nombre de langues. D’apprendre et de voir où est ce qu’on peut se développer. On a une stratégie qui est aussi une stratégie de diversification. On a lancé un deuxième média il y a un an qui s’appelle Period studio. C’est aujourd’hui le premier média féministe sur Instagram qui  a été lancé en septembre 2019. Il cartonne, one doit pas être loin de 300 milles abonnés sur Insta et donc pour l’an prochain on va plutôt lancer un troisième média que d’aller voir du côté des Etats-Unis ou d’autres grands pays.

Alors après sur la question sur le local je pense qu’il y a plein d’infos aujourd’hui à Clermont-Ferrand qui mériterait d’être traduite en vidéo. Après évidemment c’est à quelle échelle et pour quoi faire. Rien n’empêche La Montagne de devenir un média global qui puise ses racines depuis Clermont-Ferrand et de trouver un truc que d’autres n’auraient pas.

D’ailleurs demain, il pourrait se dire, tiens on va mettre des moyens pour devenir le premier média vidéo local et on va concurrencer BFM. Rien ne les empêche de faire ça. Ils ont les moyens. Je pense d’ailleurs qu’un des vrais trucs à regarder dans les médias de demain ça va être l’ancrage local et le développement du local.

Loopsider en 2021, c’est parler à toujours plus de communautés.

P.R : Très bonne transition.  en conclusion pour la dernière question. Tu l’as déjà un petit peu dit mais c’est quoi les prochaines étapes pour Loopsider ou plutôt le Groupe Loopsider ?  

J.H : Je pense que l’on va chercher à lancer d’autres médias qui vont s’adresser à des communautés très particulières. A chaque fois, avec le même principe que l’on avait en lançant Loopsider mais justement c’était un des questions qu’on voulait adresser c’était l’égalité des droits. Donc la question de l’égalité hommes-femmes c’est une question importante.

Ça a tellement bien marché que l’on s’est dur “il faut que l’on fasse un deuxième média autour de ces questions”. 

P.R : Il n’y a pas une petite avant-première pour le Connecteur ? 

J.H Une chose qui marche très très bien chez nous, qui sont des obsessions qtant que journaliste et qui sont aussi celles de la communauté autour des questions de climat, d’environnement, des forces de la nature. Mais ça y avait déjà beaucoup de monde dessus. Est-ce que l’on va vouloir aller là et le traiter à notre sauce? C’est beaucoup trop tôt pour nous, on va réfléchir. 

P.R : Donc on est plutôt sur une philosophie pas de “on se développe avec un même un même média” mais plutôt on répond à chaque communauté avec une proposition . 

J.H : Après c’est un peu comme un Rubik’s cube,  on peut ajouter une langue. Peut-être que le troisième média sera Period.studio en anglais ou en allemand. Ce sont vraiment ces réflexions là.

Les photos marquantes de 2020

P.R D’accord je vais reprendre la question de la photo que j’ai complètement oubliée. Bon , on a parlé de 2021 donc si on terminait avec 2020. C’est quoi pour toi puisque tu dis que tout est par l’image la photo ou la vidéo la plus marquante cette année ?

J.H : Alors une c’est pas facile
P.R : Okay alors 5
J.H : Il y a la photo de Trump qui sort de l’hôpital, il n’est plus orange et qu’il est gris. Il parle du balcon de la Maison-Blanche.  Pour moi c’est une photo très forte parce que là je me suis dit que l’Amérique avait vraiment changé. Ce mec, on s’est dit : “ il osera jamais”, en fait il ose tout, il va tout oser et on n’a pas fini d’entendre parler de Trump et du Trumpisme.

La seconde ce n’est pas une photo mais une petite vidéo où l’on voit une équipe de Chinois masqués en blouse plastique en train d’asperger un produit désinfectant dans un avion.  Ça doit dater de janvier 2020. Et là on se dit c’est vraiment très étrange, à l’époque on pensait encore que c’était une grippette. 

Après il y a une photo de la France vide. Ça c’est quand même un truc de voir Paris vide les grandes métropoles françaises complètement vides. Ça c’est quand même quelque chose d’hallucinant.

Et puis évidemment la photo de Michel Zecler, ensanglanté à la fois pour l’information telle qu’elle était, cette espèce d’accès de violences complètement dingue et aussi d’avoir réussi à faire sortir de cette histoire pour en faire quelque chose qui pouvait potentiellement avoir de l’impact sur la vie politique française. C’est le genre d’info qu’on ne sort pas beaucoup dans une carrière. Heureusement d’ailleurs.

La cinquième, c’est parce que je suis dingue de basket. C’est la mort de Kobe Bryant, les images du maillot de Kobe descendant pour des hommages, c’était quelque chose d’assez fort. On savait que l’année 2020 était déjà mal barrée.

Dans la tête de Johan Hufnagel

P.R : Tous mes remerciements  pour cette interview et avant de terminer juste quelques petites questions du tac au tac ok ?

le format que tu préfères : l’enquête vidéo sociale 
le nouveau format qui ne te laisse pas indifférent  : forcément Tik Tok
la meilleure innovation éditoriale de tous les temps : le blog
ton endroit préféré en Auvergne : chez ma mère 
ton média préféré : Loopisder
Le média qui monte : Period
Où est-ce  que tu vas à la pêche à l’info ? Twitter
La bonne bouffe quand tu rentres en Auvergne : La truffade de ma mère.
Une personnalité à suivre, un podcast à écouter, une émission à regarder ou un ouvrage à dévorer. C’est quoi ta recommandation ? 
Ma recommandation et ce n’est pas la première fois que je le dis. Vraiment je tiens à la féliciter, parce que son boulot est absolument dingue, et je pense que c’est sans doute un des podcasts qui peut changer beaucoup de choses.
C’est un podcast qui s’appelle “ou peut-êre une nuit”.  Ça a été produit et réalisé par Charlotte Pudlowski la cofondatrice de Louis Media qui raconte toutes les questions de tabous autour de l’inceste en France. C’est une enquête qui mériterait le prix Pulitzer et j’espère que la fondation Varenne si elle m’écoute, aura l’intelligence de remettre le meilleur de ses prix.  L’enquête, les gens qui parlent, le boulot qu’elle a fait, la proximité qu’elle a entre le sujet et ses histoires qui sont très très compliquées. C’est absolument phénoménal 
Un voeu pour 2021 : qu’on enlève les masques 
Un message pour les auvergnats vu que quand même on est un petit peu chauvin : Franchement quand est ce que vous faites en sorte que ces put*** de trains arrivent à l’heure et respectent ses horaires d’accueil. A un moment on veut bien que doit y avoir une déformation de la communauté il faut créer un truc, mais créer un média sur le train, faites bouger la SNCF c’est pas possible qu’on ans ou qu’on soit encore à se dire tiens je vais descendre à Clermont je vais prendre la voiture.

P.R : Sandrine Thomas à un allié alors. Mais c’est dingue que ça bouge pas plus quoi ! C’est vraiment le complexe d’infériorité des auvergnats.

J.H :Normalement, quand on a un journal comme La Montagne qui doit faire, je ne sais pas, c’est 400 00 lecteurs, qui est un des groupes les plus puissants. Qu’on a une ville comme Clermont-Ferrand, c’est vrai  que les gens ne l’aiment pas pour X raisons,  mais avec cinquante mille étudiants, un bassin d’emploi encore dynamique, malgré tout ça et que ça ne bouge pas plus. A un moment il faut vraiment aller manifester autrement et et rempli autrement la place Jaude que pour aller féliciter nos rugbymen quoi !

À propos de Pauline Rivière

Pauline Rivière est rédactrice en chef du média en ligne le Connecteur. Elle est aujourd'hui, réalisatrice, reporter d’images et formatrice au sein de l'association. Elle s'intéresse également à l'innovation éditoriale. Avec sa société SmartVideo Academy, elle anime différentes formations à la réalisation de vidéos (au smartphone notamment) et à l’écriture audiovisuelle. Elle intervient également dans l'Enseignement Supérieur auprès d'étudiants en communication digitale.