#Tourisme. Et maintenant, il est temps de… ?

#Tourisme. Et maintenant, il est temps de… ?

 

Septembre 2019. Pauline et moi construisons notre planning de dossiers thématiques mensuels. Avril-Mai, ce sera « Tourisme ». C’est le bon moment, le Printemps pour parler d’une partie de l’ADN de notre territoire. 

Avril 2020 : drôle de sujet finalement… Changer ? Trouver un thème plus en résonance avec le moment ? 

Mais non en fait, c’est tellement au coeur des réflexions à avoir maintenant. 

Le Tourisme et certains de ses corollaires- transports, sur consommation, industrialisation, destinations low cost…- est l’un des symboles les plus forts de ce qui faisait notre monde d’hier et qui alimente les réflexions (et les déchaînements de passion parfois aussi) sur ce qui fera  notre monde demain. Lire ‘Point de vue(s)’ pour trouver une sélection de lectures et sources complémentaires.

L’été 2020 sera différent. A l’heure où nous écrivons, personne ne sait à quel point. La dernière allocution du Premier Ministre nous a demandé de nous préparer à  un déconfinement d’ultra-proximité pour les prochains mois. Vraisemblablement nous devrons intégrer le concept de « staycation » ou de holistay pour cet été, nouveaux termes en vogue pour parler des vacances autour de chez soi. 

Alors maintenant, il est temps de … ? 

Les professionnels du tourisme auront beaucoup souffert de cette période de fermeture. Ils doivent bien sûr ‘profiter’ de cette relocalisation des vacances des Français. 

Dans un article récent paru dans TendanceHotellerie « #COVID19, déconfinement, crise économique, experts, reprise, aide : le Père Noël existe-t-il ? » Guilain Denisselle écrit (notamment) ceci qui nous a paru bien résumer les questionnements d’actualité :

[…] Ce qui manque depuis longtemps semble être la lucidité :

  • la lucidité de savoir si on veut que le monde d’après soit le même que celui d’avant
  • la lucidité de savoir si on veut continuer soi même comme on le faisait avant,
  • […]
  • la lucidité de savoir si on veut que notre quotidien soit dominé par les produits chinois et la technologie américaine
  • la lucidité de savoir si on veut avoir affaire aux petits commerçants du coin (et de plus en plus en ligne), ou à des mastodontes distants et froids
  • la lucidité de savoir si on veut qu’Internet soit un lieu d’hyper concentration ou alors ce qu’il est par nature : un maillage des territoires et des gens
  • la lucidité de savoir si on peut travailler avec ses confrères qu’on appelait souvent concurrents
  • la lucidité de savoir si on veut vivre pour travailler ou travailler pour vivre
  • […]
  • la lucidité de connaître ses lacunes et d’y remédier
  • etc…

Du côté des politiques publiques, on parle plan de soutien financier, relance, prolongement des saisons, campagnes massives de promotion des destinations. Il faut faire redémarrer la machine. Coûte que coûte. 

Quitte à engager des fonds conséquents pour promouvoir sa destination contre … d’autres destinations françaises ? La loi du plus fort (ou riche) ?  

On peut aussi faire  le constat qu’au vu de l’ampleur des dégâts, la puissance publique ne pourra pas intervenir à la hauteur nécessaire pour sauver tout le monde. Là encore, peut-on manier cette idée de procéder à de vrais choix ? Oui, choisir c’est prioriser mais c’est aussi renoncer .

Quelles seront les approches des politiques publiques locales. Vont-elles marquer une inflexion ? Quel pourrait être le premier signal ? #NousSommesDemain, collectif des réseaux d’entreprises à impact, lance un appel à conditionner les aides de l’Etat aux entreprises à des engagements relatifs à leurs empreintes écologique et sociale (lire le communiqué).
Marion Canales, élue en charge de l’économie sociale et solidaire et des congrès à la Ville de Clermont et à la Métropole nous donnera son éclairage.

Jean Pinard, ancien directeur du tourisme en Auvergne et désormais directeur du CRT Occitanie, dans sa tribune « Inventer ce qui n’est pas encore » plaide lui pour un changement de paradigme. A commencer par un changement de nos indicateurs de mesure de l’économie touristique. Dans sa tribune, il s’agace de l’argument de emplois non délocalisables pour sauver l’économie touristique : l’emploi peut être, mais les clientèles le sont, donc les emplois aussi, par ricochet. Il revient aussi sur l’utilité sociale, avant d’être économique, du tourisme, dans son rôle de cohésion sociale…

Les hébergements touristiques par exemple.

Ils sont employeurs, acheteurs, médiateurs, vendeurs …  Certains sont déjà engagés dans des démarches de tourisme durable, de labellisation … Mais comment peut on aller plus loin et dépasser les labels ?  Quel sera le prochain pas ? Qu’est ce qui manque pour agir de manière significative ?

Nous irons voir du côté des Parcs Naturels régionaux. Nombreux en France, ils ont toujours revendiqué une autre vision du tourisme. Cela leur donne-t-il de l’avance ?

Les Parcs Naturels régionaux, nombreux en France, ont toujours revendiqué une autre vision du tourisme. Ce positionnement leur donne-t-il de l’avance dans ce nouveau contexte ?

Les ‘clients’ achètent et ce faisant, choisissent.

Certains ont fait le choix délibéré de vacances dans leur région, tel un acte militant pour lutter contre les excès du tourisme de masse. Pourtant, ils ne représentent qu’un faible pourcentage même si c’est une tendance croissante. Alors, quelle est l’évolution de notre rapport avec la proximité ? Comment se construisent les relations  habitants/touristes ?

Quel imaginaire associe-t-on aux ‘vacances’ ? comment raviver le désir de proximité en n’opposant pas culture de l’entertainement et voyage intérieur  ?

Nous irons regarder du côté des Escape games en extérieur qui proposent des formats ludiques en intégrant fortement la dimension territoriale dans leur storytelling.

Et aussi vers Art Air festival qui devait fêter ses 10 ans et incarne l’expérience augmentée nature+ culture+ gastronomie .

Enfin, entre vendeurs et  acheteurs, il y a LES plateformes de commercialisation. Sous ce terme beaucoup de diversité. On se demande si et comment  elles pourraient permettre de massifier l’offre autrement.
Woom par exemple, plateforme de commercialisation d’expériences de loisirs a engagé sa réflexion.

A chacun nous avons (aussi) demandé quelles collaborations leur permettraient d’accélérer. Parce que oui, nous en sommes convaincus, comme le disait le formidable article de la Harvard Business Review, la ressource la plus abondante, la plus renouvelable et la plus efficace,  c’est bien le potentiel de créativité et la soif d’engagement de l’humanité.

 

Comment alors mener la transition ? Quelle est la place de l’innovation dans ce nouveau chemin possible ?  Quels curseurs peut-on faire bouger ? Là. Tout de suite. Sans attendre ? 

 

 

À propos de Véronique Jal

Ma ligne guide depuis 15 ans, c'est le management de projets collectifs à fort "sens ajouté" : Les fromages AOP, les hébergements touristiques, la démarche d'attractivité d'une région... et aujourd'hui l'innovation territoriale via un média associatif Toulousaine d'origine, j'ai découvert et choisi l'Auvergne que mon parcours pro m'a amenée à connaître sous plein de facettes. Passionnée aussi de cuisine, j'ai créé et animé pendant 10 ans Slow Food Auvergne en arrivant à Clermont, puis plus récemment passé un titre de restaurateur entrepreneur à l'Institut Paul Bocuse, une chouette aventure !