Tribune – Paradoxes par Laurent Laporte

Tribune –  Paradoxes par Laurent Laporte

Laurent Laporte, de Braincube, a écrit une première tribune il y a quelques semaines : 5G, un symbole de l’ancien monde. De cette première expression est née l’idée de celle-ci: comment un entrepreneur ultra engagé dans le secteur du numérique et de l’IA pourrait-il avoir un point de vue aussi … mesuré ?

Pour l’expliquer Laurent Laporte reprend sa « plume » numérique. 

Les nouvelles technologies sont-elles vraiment la solution à tout ?

Il y a dans ce monde un grand mouvement mercantile de solutionnistes. Pour les adeptes de ce principe radical, tout a une solution, bien souvent technologique. Voilà un grand paradoxe incompris : vouloir résoudre techniquement une situation complexe. A grand coup d’IA, de deep learning, et autres, chaque jour des enthousiastes ambitieux lèvent des millions de dollars auprès des riches, impatients d’être encore plus fortunés, pour essayer de développer des solutions miracles à des situations qui ne peuvent se résoudre par la technologie. Mais l’illusion de la puissance de la technologie, et la férocité d’un marketing stéroïdé aux dollars faciles, finit par convertir une foule de victimes ébahies qui va finir par s’extasier d’avoir été augmentée, souvent assez inutilement.   Le grand rêve Américain se bâtit aujourd’hui sur la promesse de trouver une solution à tous les problèmes de la vie.   

Le paradoxe Américain 

Vous avez sûrement entendu parler du procès fait aux patrons de la Tech US, ces gourous du solutionnisme, qu’on accuse de se trahir en plaçant leurs enfants dans une écoles sans numérique, la Waldorf School of the Peninsula au sud San Francisco sur la route de la Silicon Valley, pour les protéger de ce qu’ils développent. Pas d’iPad chez Steve Jobs, pas de smartphone chez Bill Gates avant le lycée, pas de Facebook chez les cadres de Facebook. Et comble du cynisme, ils revendiquent la dangerosité de ce qu’ils produisent ouvertement. Mais en surprotégeant leur progéniture du vrai monde, avec ses excès et ses nouvelles opportunités, contribuent-ils réellement à les préparer à une vie responsable ?

Apprendre le pouvoir des choses est une voie éducative plus ambitieuse.

Laurent Laporte- Braincube

Leur technologie attaque notre libre arbitre et nos libertés. En pensant protéger leurs enfants, ils utilisent les mêmes principes en les isolant du monde. Il va sans dire que cette école prestigieuse anti numérique est désormais financée par les profits des cadres des sociétés du numérique locale. Paradoxe ?  

La technologie doit résoudre les “bons” problèmes

Mais alors, en tant que cofondateur de Braincube, une société du numérique qui propose des solutions pour la productivité des usines de production, ne suis-je pas en train de cracher dans la soupe ? Braincube propose tous les jours de nouvelles solutions à base de nouvelles technologies qui sont censées prendre des décisions à la place des équipes de production. Et donc apparaître comme destructrices pour l’emploi. En fait, nos solutions résolvent des problèmes techniques très compliqués. Ainsi, les managers des usines comprennent bien vite qu’ils peuvent se concentrer sur leur vraie mission : gérer les complexités des situations humaines. Ils ont désormais des outils qui, chaque jour, rendent leurs difficultés plus simples à appréhender. Il y a les bonnes et les mauvaises solutions.  

Conservons notre sens critique pour ne pas nous laisser dépasser humainement par des solutions qui n’en sont pas. Et choisissons les vrais outils qui font de nous des personnes plus libres et plus humaines.

Laurent Laporte- Braincube

À propos de Véronique Jal

Ma ligne guide depuis 15 ans, c'est le management de projets collectifs à fort "sens ajouté" : les fromages AOP, les hébergements touristiques, la démarche d'attractivité d'une région... et aujourd'hui l'innovation territoriale via un média associatif Toulousaine d'origine, j'ai découvert et choisi l'Auvergne que mon parcours pro m'a amenée à connaître sous plein de facettes. Passionnée aussi de cuisine, j'ai créé et animé pendant 10 ans Slow Food Auvergne en arrivant à Clermont, puis plus récemment passé un titre de restaurateur entrepreneur à l'Institut Paul Bocuse, une chouette aventure !