Mes premières fois par Emmanuel RANC

Mes premières fois par Emmanuel RANC

« Mes premières fois » est un format de retour d’expériences d’acteurs de l’écosystème de l’innovation  auvergnats.

“Pourquoi fabriquer systématiquement de nouveaux objets dits « connectés » alors qu’il suffirait de connecter et faire « parler » ceux déjà existants ? “

Emmanuel, tu as fondé Yes it Is avec tes associés en 2016, après avoir quitté la direction “billettique Transport” de Sopra Steria à Paris. (Lire l’article du Connecteur de septembre 2018). Aujourd’hui tu es Président de Yes It IS, membre du comité territorial de Digital League, adjoint au maire d’une petite commune en Lozère …

On connaît Yes It Is pour certains de ses succès : vous avez par exemple, revisité et enrichi des objets très symboliques: en 2016, le Vinyl puis en 2018,  le couteau. Vous développez aussi des nouvelles solutions dans de nombreux domaines, la santé, l’agriculture…

Thomas Edison disait  « Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas»,  on aimerait connaître l’envers de ton décor, tes 10000 solutions qui n’ont pas fonctionné… si on reprend les étapes clés du parcours d’entrepreneurs…

  • Tes premiers pitchs, par exemple, tu te souviens de situations particulièrement cocasses ou gênantes ? qu’est ce que tu as appris ?

Je n’ai pas spécialement de mauvais souvenir mais c’est vrai que  l’apprentissage est long ! Au début, c’est un peu de l’abattage, on pitche sans arrêt alors qu’on n’est pas vraiment formé à expliquer, à faire en sorte d’être clair, à maîtriser son temps  de parole . En fait, je me considérai comme très mauvais ! J’avais peur de parler devant une assemblée ou des caméras … mais tout ca s’améliore au fil du temps (heureusement !)

Ah si, un souvenir me revient : c’était à l’occasion de la remise d’un trophée de l’innovation par La Montagne : j’étais sur la scène et sous la poursuite (le halo de lumière) : petit à petit, je reculais au fond de la salle sans m’en apercevoir !

 

  • Ton premier partenaire ? Tu l’as choisi ou trouvé comment ?

En fait, je ne l’ai pas “trouvé” : Yes It Is est, dès le départ, une histoire de partenaires. Nous sommes 4 avec des profils très complémentaires, ce qui est vraiment l’idéal pour ce genre d’aventure. Nous étions soit collègues soit partenaires -clients chez Sopra Steria, nous avions déjà notre écosystème et nous avons décidé ensemble de créer Yes It Is et de l’installer à Clermont.

 

  • Ton premier rdv avec un banquier, bon ou mauvais souvenir ? et maintenant, comment tu l’abordes ?

Alors là aussi, c’est plutôt un bon souvenir !  Lors de ce premier rendez-vous, j’ai senti qu’ils adhéraient.  Ils nous ont soutenus dès le départ, sur la période de création et par la suite.  Ce premier signal est hyper important, cela donne confiance, c’est une super sensation !

Le banquier doit vraiment être vécu – et traité-  comme un partenaire de ton projet pour concrétiser une réalisation. et le plus souvent, c’est  d’abord une histoire de personne. 

 

  • Ton premier client est ce que tu t’en souviens précisément ? genre son nom, la date, la commande ? Est-ce que tu y repenses parfois ? Tu as un truc pour penser client ?

Notre ‘vrai’ premier client, c’est  celui qui nous a confié le projet de sonde, VILMORIN,  même si elle est sortie beaucoup plus tard (2019): ce projet a nécessité  15 mois de développement mais il nous a fait confiance (et donc donné confiance) et nous a permis de montrer notre savoir faire.

Le truc vraiment capital ? Rien de révolutionnaire mais pourtant tellement important, c’est l’écoute et l’adaptation. Ecouter c’est savoir entendre, c’est à dire accepter de ne pas avoir LA vérité 😉

 

  • Ton premier gros conflit professionnel, c’était  ? comment tu gères maintenant ?

Je n’ai pas de souvenir de très gros conflits. J’ai vécu des départs oui,  plus ou moins regrettés, mais c’est la vie de toute entreprise. Ca fait toujours un  peu mal, mais avec le temps, on apprend et on accepte qu’on ne retient pas les gens malgré eux.  C’est l’occasion de se remettre en question et, chose importante, de s’interroger sur les moyens de faire  adhérer à l’objectif de l’entreprise de, partager les valeurs.

 

  • Ton premier recrutement, bon choix  ou cata ? comment tu t’y es pris ? Aujourd’hui, vous êtes combien ?  Une astuce ?

Le tout premier est toujours là, plutôt bon signe, non ? ! 

Notre stratégie est complexe, donc il fallait qu’on fasse partager notre ‘chemin’ : on recherchait surtout des personnalités qui adhèrent en fait. On recherche des compétences bien sûr mais aussi des qualités humaines, liées à l’ambition personnelle, au travail en équipe, on aime recruter des entrepreneurs en herbe, qui ont la fibre, c’est facilitant pour la prise de décision … et chaque candidat voit les dirigeants, ensuite on croise nos perceptions et …on décide. Nous sommes aujourd’hui 19 personnes chez YII.

 

  • Ton premier pivot ?

Notre premier “pivot” c’était quand on a constaté que nos sujets de traçabilité  (objets connectés passifs) iraient moins vite que l’IOT (Objets actifs).  Nous nous adaptons et gardons la même dynamique pour suivre ces marchés. (Voir aussi le dossier IOT du Connecteur)

 

  • Ta première grosse rentrée d’argent ? tu l’as claquée ou investie ?

Ahh je l’ai … claquée et investie mais c’est un secret;-)

 

  • Ton premier salon international, sympa ou affreux ? la chose la plus importante à avoir en tête avant de partir ?

Ca c’est un élément majeur dans l’histoire de Yes It Is ! C’était incroyablement sympa: c’est le CES de Las Vegas, on y a été primés 2 fois!

Mon conseil : oubliez toutes vos références ! Tout est grand, différent, spectaculaire 

A faire absolument :  qualifier son offre, identifier les décideurs et les clients (je suis toujours en contact avec ceux rencontrés en 2017)

 

  • Ta première pensée chaque matin ?  

Mes petits gars 😉

 

  • Ta première envie de t’enfuir ? 

En fait, c’est surtout quand ça déborde : on a peu de temps de pause quand on est entrepreneur, on est à 2000% … C’est donc beaucoup de fatigue et il faut se ménager des moments pour évacuer.

 

  • Ton premier signe de reconnaissance

Ce n’est pas un moment en particulier, c’est plutôt la reconnaissance des partenaires et des clients : ceux qui te donnent leur confiance sur le long terme, leur fidélité : c’est engageant et inspirant.

 

  • Ta première levée de fonds, c’était quand ? Et tu la referais pareil ?

C’était en 2018, avec mon partenaire bancaire des débuts – le crédit agricole- et  SOFIMAC et oui, je ferais tout pareil, sans hésiter !

 

  • Ton premier gros cadeau à toi même ?

Alors, je l’attends avec impatience, il n’est pas encore arrivé ! Mais je sais précisément ce que ce sera : une moto électrique ! 

 

  • Ton premier fan ?

Sans hésiter, Le bivouac et ses partenaires, ils nous ont vraiment portés !

Voir le retour d’expérience du Bivouac