Adeline Vitrolles. La Cie Rotative « je veux être utile »

Adeline Vitrolles. La Cie Rotative « je veux être utile »

Le Connecteur est un média associatif. Son conseil d’administration est donc le creuset du projet global. Une série de portraits pour comprendre ce qui rassemble ceux qui ont eu envie de rejoindre – ou poursuivre – l’aventure. Chacun a répondu aux mêmes questions: son lien au territoire, le sens de l’innovation, ses envies, ses valeurs, … avec sa sensibilité.

Adeline Vitrolles est chargée de développement à la Compagnie Rotative, le Lab d’innovation du Groupe Centre France La Montagne, aux côtés de Raphaël Poughon (lire l’interview).

Son job de développeuse ? Participer au développement des projets  et développer l’outil qu’est la compagnie.

En agissant avec la Cie  sur la transformation culturelle, l’animation collaborative, l’intelligence collective pour accompagner l’émergence des projets à impact pour le groupe…  e-commerce, formation, événements … l’idée est de décloisonner pour développer de nouvelles activités.

Et puis, il y a aussi le programme d’incubation, avec une nouvelle promo en cours de recrutement. Et encore, les projets plutôt axés territoires, avec une volonté de travailler en collaboration avec les citoyens, les lecteurs, les partenaires …

Adeline, qu’est-ce-qui t’anime par rapport à cette notion de ‘territoires’ ?

Je voudrais que nos actions soient efficaces – au plus près des besoins des gens- et durables. Avec cette idée d’accompagner les initiatives positives des territoires, de montrer qu’il s’y passe beaucoup de choses. Je suis convaincue que le monde de demain se construit ici, aujourd’hui.

Ce ‘monde’ a  simplement besoin de plus de visibilité, d’échos et de partenaires pour passer à l’échelle. Pour renforcer l’impact, il faut connecter les initiatives.

C’est à ça que j’ai envie de servir: rapprocher, permettre aux uns et aux autres de se nourrir.

Pour ça, nous avons besoin d’aller  sur le terrain, de connaître les besoins, de comprendre la vision de leur environnement, de quoi les gens ont envie pour demain,  …  C’est nécessaire pour savoir où être utile.

L’enjeu : l’innovation, ca devrait servir à … ?

Je dirais, à inclure plutôt qu’à exclure !

Et puis, à soutenir les initiatives des acteurs du changement, ceux qui font les transitions de nos sociétés, celles qui ont du sens, un impact positif.

Il y a aussi une forme d’inspiration contagieuse. Tout le monde a une capacité à imaginer. Il faut que cette contagion se fasse autour d’une réflexion sur la responsabilité, sur notre impact, … Sur des choses qui font sens.

Pour toi, quelles sont les valeurs à défendre ?

L’ouverture

Dans ce temps de repli, je pense qu’il est essentiel de continuer à partager des notions d’ouverture, d’optimisme, de tolérance, d’écoute. De fédération plutôt que de clivage. Il faut préserver notre capacité à écouter tous les points de vue, même si on ne les reprend pas.

Le lien

L’idée de faire écho à ce qui passe de chouette sur nos territoires c’est aussi un des moyens de favoriser le lien entre les gens et de limiter la dislocation. Ceci dit, en tant que média, on sait aussi que c’est plus dur de donner de l’audience à des contenus positifs et surtout de sortir de notre écosystème.

C’est un travail de fond, plus long. Qui demande d’aller s’infiltrer dans d’autres univers, d’aller à leur rencontre, …de tisser la confiance.

Les jeunes par exemple, ce serait peut être une première communauté accessible et intéressante. Aller à leur rencontre pour trouver des points d’accroche.

Par exemple, la Voix du Nord a monté un journal dédié aux jeunes fabriqué par les jeunes, seulement sur les réseaux sociaux (Insta) avec une rédaction éphémère… C’est super intéressant comme initiative.

 

Une action collective à laquelle tu participes et dont tu es  fière ?

Alors j’aime beaucoup le collectif, je suis engagée dans plein d’initiatives ! Mais pour en sélectionner quelques unes, je dirais que je suis fière de rejoindre le Connecteur: je pense vraiment que le sens collectif est hyper bien incarné avec le nouveau Conseil d’administration …

Je suis très fière aussi de faire partie de l’organisation des Tedx et aussi d’être sociétaire d’une coopérative  nationale autour de la médiation numérique (NDLR : la MEDNUM) à laquelle j’ai contribué il y a quelques années. Je suis contente d’être encore en lien avec eux. (Lire aussi le portrait d’Adeline pour connaître son parcours antérieur)

Concernant les projets du Connecteur, qu’est ce qui t’inspire le plus ?

Le projet de rédaction éphémères dans les Tiers lieux, c’est un sujet qui me passionne, sur lequel j’aimerais contribuer. Il y a des articulations à imaginer avec la Cie Rotative, des partenariats autour d’apport en ressources, pour identifier les bonnes personnes, ou encore avec notre participation au projet ‘1000 cafés‘ : on pourrait imaginer des choses à faire ensemble, en cohérence, une brique formation par exemple, ou pour l’animation des lieux, ….

Je veux bien aller dans les tréfonds des territoires, avec mon stylo et mon iphone, après une petite formation de Pauline 😉

Mais le risque, c’est ce que j’en revienne pas, je sais que je vais rencontrer des gens super chouettes avec qui j’aurai envie de parler mille ans !

Sinon, il y aurait aussi un projet plus ‘prospective’ autour de cette idée d’aller vers de nouvelles communautés comme les jeunes..

Le meilleur conseil jamais reçu ?

Au pire, ça marche !

C’est une façon de dire que si un truc ne te convient pas, il ne faut pas attendre que le changement vienne d’ailleurs. Il faut se mettre soi-même en mouvement et au pire, ça marche.

Ton plus bel échec

Ne jamais avoir eu le courage d’apprendre un instrument de musique, le piano en particulier… j’adore ça mais je n’ai pas encore passé le cap !

Ton épitaphe de rêve 

Il est trop tard pour être pessimiste ! vivez, aimez, souriez, bougez !

Tes respirations/ inspirations : lectures, podcasts, …

J’écoute beaucoup de podcast: La terre au carré notamment et aussi la Chronique de la Start Up Nation de Pauline,  qui me fait bien sourire!

 

 

Ma lecture du week end :  La fabrique des coïncidences de Yoav Blum, comment les petits détails de la vie des personnes peuvent faire des grandes choses.

« Guy, Emily et Eric sont des agents secrets d’un genre nouveau. Leur mission : créer des coïncidences pour réinventer de la vie des gens. »

J’aimerais bien faire ça comme métier !

 

À propos de Véronique Jal

Ma ligne guide depuis 15 ans, c'est le management de projets collectifs à fort "sens ajouté" : Les fromages AOP, les hébergements touristiques, la démarche d'attractivité d'une région... et aujourd'hui l'innovation territoriale via un média associatif Toulousaine d'origine, j'ai découvert et choisi l'Auvergne que mon parcours pro m'a amenée à connaître sous plein de facettes. Passionnée aussi de cuisine, j'ai créé et animé pendant 10 ans Slow Food Auvergne en arrivant à Clermont, puis plus récemment passé un titre de restaurateur entrepreneur à l'Institut Paul Bocuse, une chouette aventure !