Philippe Métais, démontrer par l’exemple.

Philippe Métais, démontrer par l’exemple.

Le Connecteur est un média associatif. Son conseil d’administration est donc le creuset du projet global. Une série de portraits pour comprendre ce qui rassemble ceux qui ont eu envie de rejoindre – ou poursuivre – l’aventure. Chacun a répondu aux mêmes questions: son lien au territoire, le sens de l’innovation, ses envies, ses valeurs, … avec sa sensibilité.

Philippe, tu fais quoi dans la vie ?

Je pilote des projets de Recherche & Développement & Innovation chez GRDF. Je n’ai pas de titre particulier et c’est parfois déstabilisant pour les interlocuteurs. Dans notre Direction, on n’aime pas trop nommer les fonctions mais plutôt axer sur les missions et leur nécessaire agilité. En l’occurrence mon rôle est plutôt celui de couteau suisse: faire réfléchir, aider, accompagner …

Ce qui t’anime par rapport à cette question de Territoire(s) ?

En fait, j’ai assisté à la naissance du Connecteur. Je partageais complètement le projet initial de connecter, fluidifier l’écosystème innovation et entrepreneuriat à l’échelle de notre territoire. J’étais proche de ceux qui portaient Le Connecteur mais je n’ai pas osé lâcher le ‘rebord de la fenêtre’ par rapport à l’idée que je me faisais de l’investissement nécessaire au lancement. Mais j’ai quand même participé aux premiers événements: celui lors du Tedx Clermont, la première édition de la Clermont Innovation Week….

Ce qui ma plu dans ce projet – et qui me plait toujours – c’est de se rendre compte de ce qu’il se passe sur le territoire. On se nourrit les uns les autres et cela crée une forme d’émulation de partager des éclairages sur les pratiques des autres, de conforter ou d’enrichir ses propres actions. Et puis, il y a aussi le fait de prendre conscience que tout ne passe pas dans les salons dorés parisiens, qu’il y a à proximité des initiatives intéressantes et inspirantes. Je ne suis pas auvergnat de naissance mais  je suis convaincu que ce petit territoire a beaucoup à apporter, il a une vraie agilité. J’ai envie que cela se sache. 

Le Connecteur en fait la preuve par l’exemple. Et il partage cette valeur d’agilité. Je me souviens de ma première participation à la CIW, j’ai trouvé au Connecteur une vraie ressource, un appui pour entrer dans cet univers assez nouveau pour moi.

Si j’ai rejoint le Connecteur aujourd’hui, c’est pour contribuer à ça !

L’enjeu : l’innovation, ça devrait servir à…?

Chez GRDF, nous avons plusieurs définitions mais en résumé, l’innovation devrait servir à faire changer les états d’esprit,  faire émerger une communauté d’acteurs du changement pour initier des améliorations de nos pratiques et de nouveaux business. Avec un angle transversal qui est de faire grandir les concepts liés à transition énergétique et écologique. Ca c’est pour le prisme GRDF.

Plus largement, pour le territoire, l’innovation, via la connaissance de l’écosystème,  doit favoriser le travail en commun autour de nouvelles propositions qui répondent aux problématiques du territoire et valorisent les expertises locales.  Inventer des nouvelles façons de faire ensemble.

Les valeurs à défendre ?

Ce que je trouve exceptionnel avec Le Connecteur, c’est qu’au-delà d’être une association qui contribue à la vitalité de notre écosystème, il s’agit aujourd’hui d’un média qui met en valeur les projets innovants des auvergnat.e.s

L’ouverture d’esprit et la transparence.

J’ai touché du doigt l’univers des médias, de la presse. Il y a une éthique très particulière, une sorte de caste autour de valeurs et d’indépendance. Probablement à juste titre bien sûr mais je ressens aussi parfois l’excès inverse. Il me semble que l’on peut avoir acquis une expertise par son métier par exemple, accéder à des données pointues, connaître parfaitement un sujet sans être journaliste. Et il me semble que c’est intéressant à partager. Bien sûr qu’il faut distinguer l’information de la communication mais je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible : il faut de la transparence, expliquer d’où l’on parle mais pas rejeter d’un bloc ce qui n’est pas produit par un journaliste.

Je pense être capable d’écrire sur des sujets qui m’intéressent et j’aimerais le faire. En toute transparence.

Ce qui est intéressant aussi c’est le modèle associatif du Connecteur qui implique une construction collective du projet.

Une action collective à laquelle tu participes et dont tu es  fier?

Je suis engagé dans pas mal de projets  mais celui qui me satisfait le plus c’est l’Académie Musicale de l’Orchestre Sostenuto. Deux  fois par an, nous organisons à Clermont une session de travail avec des jeunes venus de toute l’Europe pour apprendre le métier de musicien d’orchestre, qui est un métier à part dans la progression des musiciens. C’est une semaine pour apprendre à travailler et vivre ensemble. La dernière session a eu lieu fin octobre 2020, avec un concert programmé le 1er novembre … C’était évidemment une session très particulière. Pleine de difficultés : 60 jeunes à accueillir en pleine crise sanitaire, venus avec leurs tests PCR négatifs, qui ont suivi leurs 6 heures de répétition quotidiennes, masqués … et le mercredi soir, on apprend qu’il n’y aura pas de concert … et que tout le monde doit partir rapidement… Mais on a quand même trouvé l’énergie de jouer pour les familles d’accueil et de faire un live. Ca a fait un bien fou à tout le monde et c’était très gratifiant  !

Concernant les projets du Connecteur, sur quoi aurais-tu envie de t’investir ?

L’idée des Masterclass des administrateurs m’intéresse beaucoup. Ca revient à ce que je disais précédemment, cette idée de partager nos pratiques et expériences. Au quotidien, je touche des sujets qui peuvent intéresser d’autres parties prenantes et réciproquement.

Ensuite, sur les projets à mener ensemble, il faut trouver où placer le curseur de l’engagement. S’il y a trop de collectif, cela devient compliqué à gérer. La question de l’alignement de tous, ça apprend mais ça freine aussi.  Je trouve ça bien mais il faut  proposer aussi des formats plus accessibles individuellement,  être humbles mais commencer. On peut faire énormément mais pas tout en même temps .

Le sujet cartographie est un bon exemple: ce serait génial, c’est hyper ambitieux mais c’est complexe. Il faut commencer simplement et donner envie de participer … pour lancer la machine

Le meilleur conseil jamais reçu ?

A part le mode opératoire pour se laver les dents affiché dans ma salle de bain ?

Mon patron me dit souvent “pose-toi, déconnecte, profite de tes vacances, … » (oui, j’ai un patron attentif à ses collaborateurs 😉)

Il faut prendre soin de nous, physiquement et mentalement.

Ton plus bel échec ?

Je suis un coeur d’artichaut. J’aime beaucoup les gens et donc … je suis souvent déçu. J’apprends tous les jours à avoir beaucoup de résilience, sans virer à l’aigreur.

Ton épitaphe de rêve ?

Alors là, je suis incapable de me projeter là dedans ! Je vis l’instant présent.

Donc il y aura un vide et en légende « il n’a pas eu le temps d’y réfléchir »

Tes respirations/ inspirations : lectures, podcasts, …

Ma respiration, c’est la musique. Je joue du violoncelle.

Mon coup de coeur du moment c’est le Trio Sora

Elles viennent de sortir un album qu’elles ont enregistré pendant le premier confinement  « Beethov3n » C’est très dynamique et plein de vie.

Je pourrais en citer plein d’autres… Mais en fait, je pourrais partager une  Playlist, très éclectique. Chiche ?

 Chiche !

Les autres portraits déjà parus

 

https://leconnecteur.org/faustin-falcon-lechelle-du-territoire-cest-lechelle-du-concret/
https://leconnecteur.org/adeline-vitrolles-la-cie-rotative-je-veux-etre-utile/
https://leconnecteur.org/raphael-poughon-la-cie-rotative-linnovation-doit-servir-les-transitions/
https://leconnecteur.org/audrey-pouchol-business-you-nourrir-linspiration/
BRAINCUBE
https://leconnecteur.org/laurent-laporte-braincube-le-territoire-un-ecosysteme-a-lequilibre-fragile/
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À propos de Véronique Jal

Ma ligne guide depuis 15 ans, c'est le management de projets collectifs à fort "sens ajouté" : les fromages AOP, les hébergements touristiques, la démarche d'attractivité d'une région... et aujourd'hui l'innovation territoriale via un média associatif Toulousaine d'origine, j'ai découvert et choisi l'Auvergne que mon parcours pro m'a amenée à connaître sous plein de facettes. Passionnée aussi de cuisine, j'ai créé et animé pendant 10 ans Slow Food Auvergne en arrivant à Clermont, puis plus récemment passé un titre de restaurateur entrepreneur à l'Institut Paul Bocuse, une chouette aventure !